jeudi 21 juillet 2005

Alice au pays des miroirs

Pour le collectif Coïtus impromptus


Alice
ne sort plus. Trop d’humains à l’extérieur. Trop de gens qu’elle ne connaît plus, dans lesquels elle ne se reconnaît pas. Sauf pour le nez de la boulangère, les yeux tristes de la caissière de l’épicerie, le timbre de voix de sa voisine, les silences de sa mère, le pas de cette passante, les pleurs de cette enfant. Elle ne se reconnaît pas dans cette faune, si ce n’est qu’en kaléidoscope, en morceaux pointus et acérés. Alice en morceaux la coupant du monde, que les médecins tentent de souder à coups de dragées colorées. Pour qu’elle comprenne que les miroirs reflètent la lumière, créent des illusions de grandeur, permettent de se faire belle sans se répandre partout. Et que sept ans de malheur, c’est long, mais ce n’est pas une vie.

5 commentaires:

  1. ayoye. wow. bouche-bée. c'est ben donc beau ça. et ça ressemble pas à ce que tu fais d'habitude. Je suis toute chose-là... bon attends, je retourne lire...

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  2. À la fin de l'envoi, je touche!

    Bravo Cyrano! :)

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  3. ...et ainsi passer à autre chose, voir le bon qu'on ne connaît pas, se savoir surprenable.

    quelle belle manière de dire ça à quelqu'un qu'on aime (ou qu'on ne veut plus aimer c'est selon)

    quelle sensibilité évidente :-)

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  4. moi j'écris mal et je chante mal

    ton titre est une clef de lecture
    un vrai refrain inattendu

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  5. Comme jelo le dit si bien : «quelle sensibilité évidente» ! Nouveau lecteur du mal chanteur, j'ai compris l'origine de cette sensibilité dans tes Constats à l'amiable...

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