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J'écris parce que je chante mal

Autobiographie fictive et autres badauderies

Attention, je vous écoute...

5 octobre 2008
«J'ai hâte d'avoir fini de teinturer mon plancher.»
Martin Rondeau

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Un Lent Gage de succès

2 octobre 2008
Une des plus grandes maîtrises de l'humanité restera le langage. Parlez-en à n'importe quel parent: après des mois de devinettes et de spéculations sur la source des pleurs de son enfant, le jour où celui-ci répond à la question: il est où le bobo? il n'y a pas à dire, ça libère.

Mais avec la maîtrise de la parole vient d'autres acquis nécessaires qui ne se font malheureusement pas au même moment, et je cite: la politesse.

Je redoutais depuis quelque temps une remarque du genre «Regarde le monsieur: il est LAID!», ce qui ne manquerait pas de m'arriver. Puis un jour, à l'épicerie, alors que j'hésitais tranquillement entre le crémeux et le croquant, mon lézard pointe une dame tout près et lance:

- Papa? Regarde la dame: elle est GROSSE!

Mes neurones de survie se mettent à pédaler mais, paresseux, comme des cons, ils me disent «Ignore et va-t-en!». Docile, j'obéis, j'ignore et je m'en vais. C'était sans compter sur l'insistance de ma fille qui me crie:

- Papa! REGARDE! Elle est TROP GROSSE!
(on travaillera la distinction du «très» et du «trop» un autre jour)

J'ai laissé tomber le projet d'épicerie.

On s'est fait venir du poulet toute cette semaine-là.

J'ai été des jours à craindre le pire et à éviter les gros, les laids, les barbus, les musclés, les gros seins, les petits seins, les vieux,… Bref, je ne suis pas sorti de la maison avec la petite qu'en cas d'extrême nécessité. Et un jour, inévitablement, mes craintes se sont dissipées…

On se promenait, tranquille, et, alors que je n'avais rien fait à personne, on croise une dame. Mais quelle dame: une grosse femme noire drapée de tissus jaune serin et coiffée d'une énorme bande de tissus orange qui lui monte jusqu'à trente cm au-dessus de la tête. On aurait dit le soleil lui-même qui marchait vers nous. La petite m'a regardé, tout sourire, et a tendu le doigt vers la dame…

-Regarde papa!!

J'ai murmuré «Non non non non noooonnnnnnn….»

-PAPA! REGARDE!!

Vite! Une distraction… J'ai regardé autour, mais trop tard, la petite poursuivait:

-Regarde la dame: une PRINCESSE!

Il fallait voir les dents blanches de la dame briller dans son visage d'ébène!

Quand je vous dis que le langage est une de plus belles maîtrises de l'humain…

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Adieu M. Newman!

27 septembre 2008

C'était le dernier tour de piste de l'acteur pilote. L'inoubliable Kid, Butch Cassidy, Reggie Dunlop n'est plus. Il était partout, jusque dans nos salades!

Désormais un immortel.

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Bureau

24 septembre 2008
C'est dans la mouvance actuelle: les blogueurs exposent leur antre, leur bureau au grand jour. Comme je suis un suiveux, voici le mien...

Et avant que vous me posiez la question et malgré ce que mes étudiants en pensent: oui, je me retrouve.

Menfin, la plupart du temps...

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Donnez-leur du gâteau...

18 septembre 2008
Ce soir, à la télé, il y avait ce documentaire sur des réfugiés au Darfour. Juste après, à la même chaîne, la comédie de situation «Grosse Vie» avec ses blagues prémâchées et ses rires en canne. Le décalage était énorme, mais pas autant que cette désagréable impression que mon argent n'allait pas au bon endroit.

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La vie est un long cours tranquille

16 septembre 2008
Au début, on s'assoit sur le bureau et on parle de passions. Les yeux collégiaux s'ouvrent, plus intrigués par la fougue que par le contenu, usés qu'ils sont par l'usure. On ne se rend pas compte tout de suite qu'il mouillasse un brin, que déjà quelques gouttes minuscules tombent sur notre langue, une bruine de froide lucidité adolescente:
- C'est bien beau, mais à quoi ça sert?
- On peut faire de l'argent avec ça?
- Ça compte-tu?

Alors on renouvelle le contenant, on peaufine la métaphore, lisse la blague, mais on ne fait que modifier la mise en scène d'une pièce dont le propos n'intéresse personne. C'est ainsi que nos passions deviennent répétitions et que même sans rides, on devient aussi usés que les vieux de nos débuts, ces vieux auxquels on s'était pourtant juré de ne jamais ressembler.

On simplifie les concepts pour perdre le moins de gens possibles, on accepte que les étudiants comprennent à moitié, on se dit que 65% n'est pas si mal et on se surprend à bénir des temps anciens pourtant identiques, comme si on était meilleurs que ça.

Puis, alors qu'on ne l'attend plus, il y a cet étudiant qui sans mot dire, boit nos paroles, pose des questions pertinentes, finit ses travaux en moins de deux et, pour attendre le troupeau, en fait trois fois plus pour rien, pour le plaisir. Il n'est même pas boutonneux et a les cheveux propres en plus. Et, entre deux répétitions, alors que personne ne comprend rien à si peu, il nous souffle, un vague sourire aux lèvres et une petite étoile au fond de l'oeil, que visiblement, la matière dont on le nourrit manque de substance et qu'il aimerait bien en savoir plus.

La ligne se courbe, le flotteur rouge et blanc vient de disparaître sous la surface: ça mord!

Reste à ramener lentement vers soi, à tourner le moulinet sans rien brusquer afin de ne pas briser ce fil ténu entre la matière et lui.

Puis on se dit, malgré la pluie, qu'il y a des cours qu'il est bien de faire.

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Méprise

11 septembre 2008
La première chose que j'ai constatée, c'est un vélo par terre, en plein milieu d'une voie, coin Berri et Sainte-Catherine. Puis j'ai vu un homme étendu par terre entouré de deux policiers. Alors je badaude, je m'approche, pour voir les blessures, pour voir à quel point je n'y peux rien. Et je constate.

Je constate que le vélo est celui d'un policier. Je constate que l'homme par terre à le teint d'Amérique latine. Je constate qu'il n'est pas blessé mais maintenu au sol par de solides genoux légaux dans le dos qui le font grimacer de douleur, les mains bien attachées. Sans doute un voleur de sacs à main ou un petit revendeur de poudre. Je n'entends pas ce que les policiers lui disent à l'oreille, mais je soupçonne que ce ne sont pas des mots d'amour.

Circulez, il n'y a rien à voir.

Et les gens circulent, usés à ce genre de spectacle. Quelques-uns jettent des regards en biais dans lequel on peut lire «Sale petit caïd!», «Maudit immigré!» et autres «Bien fait pour toi!» Je reste un peu, pour voir, et je vois, et je me dis que ce n'est pas un boulot facile, revendeur de poudre. Ni policier.

Sur l'épaule des policiers, le haut-parleur du talkie-walkie crachent quelques mots que je n'entends pas. Les genoux se retirent. Un policier enlève les menottes au brigand à qui il jette nonchalamment quelques excuses. Ils l'aident à se relever, lui donne deux trois petites tapes ridicules dans le dos, lui disent qu'ils se sont gourés de gars, qu'il peut repartir, comme les pêcheurs font avec les poissons trop petits. Et l'homme déguerpit sans demander la monnaie, d'un coup qu'il y en aurait.

Les bras longs de la loi jettent un regard inquiet et rapide aux alentours. Peu de badauds, pas de caméra. Soulagement. Puis ils s'éloignent.

Circulez, il n'y a rien à voir.

Ce n'était qu'une méprise.

Que simple méprise.

Putain de routine.

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L'Essence de la connivence...

9 septembre 2008
À la radio, on annonce le début du procès des détaillants d'essence dé-Magog et de Sherbrooke...

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Le Roi se meurt - Cinquième (et dernière) partie

4 septembre 2008
J'ai levé les yeux de l'échiquier et j'ai regardé Alexandre, l'air interrogateur.

- Tu peux pas juste dire hum hum entre mes phrases, montrer un peu d'empathie, quelque chose... Tu n'es pas un psy, tu es barman! Sois donc un barman normal deux minutes...

- Normal, normal... Je m'ajuste à la clientèle. De toute manière, après dix ans comme barman, on devrait obtenir un doctorat honoris causa en psychologie, en sociologie et en interprétation du sanskrit oral... Et comme pour un psy, ma clientèle est souvent d'une fidélité irréprochable.

- Mon ex ne devait sûrement pas être ta cliente!

Il a ri un peu. Pas moi. Il a enligné sa tour et sa dame. Ça ne sentait pas bon. Sans trop réfléchir, j'ai bougé une pièce. Il a rétorqué:

- Tout est question d'ivresse, vieux.

Je l'ai regardé, la tête baissée, les yeux dans les sourcils. En les reposant sur l'échiquier, j'ai soupiré:

- Ouain, je devais être pas mal saoul...

Il a ri encore. Cette fois-ci, je me suis trouvé un peu plus comique. Il a répondu:

- N'empêche que l'ivresse, c'est le B A ba de l'amour. Il faut que tu l'étourdisses, qu'elle se sente légère, qu'elle voit trouble, qu'elle soit saoule de toi.

- Saoule, saoule, big deal! Pompette, c'est drôle. Saoule quelques fois, c'est agréable. Mais tout le temps... Elle devient alcoolo, s'approche du delirium tremens, puis première nouvelle: elle s'imagine des trucs, elle invente des discussions... Pire: elle pète au lit! On étouffe vite dans ce genre de relation!

Sa dame a encore bougé et il a couché mon roi. Échec et mat. Encore une fois, je n'avais rien vu venir. Alexandre, le sourire en coin, a cogné son verre contre le mien encore sur le comptoir.

- Je devrais avoir un doctorat en échecs en plus...

Fier comme un paon, il est parti servir une table de pions avec le sourire du vainqueur. Deux pichets de Raftman et des shooters surmontés de crème fouettée qu'on boit sans les mains. Pas des pions du coin. J'ai pris une gorgée de Macallan. Ça m'a fait une petite douceur en dedans. Je devais me rendre à l'évidence: ce nectar m'était rendu essentiel. J'étais maintenant trop froissé pour perdre ce pli. Il fallait me résigner: j'allais mourir noyé dans le fond de mon verre à moutarde. Lentement. Mais je m'en foutais, je n'étais pas pressé.

Il était trois heures moins vingt. Encore quelques gorgées et je rentrerais. Je laisserais le grille-pain comme pourboire à Alexandre.

J'ai regardé autour de moi. J'ai souri. Pour les vingt prochaines minutes, j'étais encore le roi.

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Le Roi se meurt - Quatrième (et avant-dernière) partie

3 septembre 2008
J'ai avancé un fou qui aboyait plus fort qu'il ne pouvait mordre, sans véritable stratégie. C'était ma tactique anti-Deep Blue: agir en tout illogisme pour que l'adversaire se triture les méninges à comprendre la stratégie de mon absence de stratégie. Si c'était efficace contre un ordinateur, ce devait l'être contre un Russe... Alex changea de sujet, mais juste un peu:

- Ça fait longtemps qu'elle est partie?

On se disait les choses à moitié et on se comprenait tout de même complètement.

- Je ne sais plus, six ans. Sept peut-être. Je ne sais plus. J'ai arrêté de compter. Anyway, c'est toujours comme si elle était partie l'an passé.

J'ai laissé passé un ange avant de continuer.

- C'est idiot: j'ai quarante ans et je ne peux pas l'oublier, cette fille. Je suis comme un vétéran de guerre qui, sa vie durant, quêtera sur le coin de la rue, incapable de se refaire une vie normale après tout ce qu'il a vu, tout ce qu'il a vécu. Cette fille, c'est mon Viet Nam, ma Normandie. Quand elle m'a dit qu'elle me quittait, je pensais que c'était la fin du monde. Je n'avais pas prévu que ce serait pire après son départ. Hiroshima.

J'ai soupiré. Tout revenait toujours à Alice. Pourtant, ce que j'aimais de cette femme était devenu une idéalisation, un concept plutôt abstrait. Je passais ma vie à me rappeler qu'il fallait l'oublier... Tel un pompier qui a pour seul désir d'éteindre un feu dont il a besoin, car sans ce feu, il n'a plus rien à combattre, il perd sa raison d'être. J'en étais venu à entretenir, à nourrir ce que je voulais tuer.

J'ai avancé mon fou en C5. Légère pression sur les pions devant son roi. J'ai poursuivi:

- Il n'y a pas une semaine où je ne me dis pas au moins dix fois que j'aimerais qu'elle me voie faire tel ou tel truc, là, maintenant... Qu'elle me voie tout court, en fait.

Alexandre a pris mon fou avec sa tour, pas gêné le moins du monde de prendre une pièce a un grand irradié japonais. Après un court silence, il a dit:

- Et pourquoi tu voudrais qu'elle te voie? Que fais-tu de si extraordinaire qui mériterait que ses yeux se posent sur toi?

Je l'ai fusillé du regard. Pas une balle ne l'a atteint. Pourtant, c'était à bout portant. Je devais loucher. Il est resté debout, un oeil sur l'échiquier, un oeil sur les pions qui riaient trop fort derrière moi. Alexandre devait loucher aussi.

- Ben... Qu'elle me voie pour... Heu... Aaahhh... Tu fais chier, ai-je répondu sans retenu. Je ne sais pas. Pour rien. Pour tout. Pour mes nouveaux amis, mon nouvel appartement, ma nouvelle vie! Juste qu'elle voie que je ne suis pas un crétin.

Je lui ai pris un pion qu'il semblait avoir oublié en A6. Prise inutile, mais je voulais lui ravir une pièce, n'importe laquelle.

- Et qu'est-ce qui te dit que ton ex te voit comme un crétin?

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Le Roi se meurt - Troisième partie

2 septembre 2008
Lentement, sûrement, discrètement, l'Asile est devenu mon repaire, un fort où je vais sans fard, et Alexandre, une sorte de psychothérapeute à indemnité liquide que je fréquentais sans rendez-vous, un ami qui savait attendre le réponses, comme ce soir-là où juste avant de faire mon tour quotidien à l'Asile, j'avais volé un grille-pain tout chromé à la quincaillerie. Pour rien. Parce qu'il était là. Parce qu'une voix comme celle de Tatoo, le nain de Fantasy Island m'a soufflé à l'oreille «Le toaster! Le toaster!» J'avais déposé le grille-pain sur le bar et je m'étais un peu examiné dans le chrome en attendant qu'Alexandre ne se libère. J'y avais un gros nez.

Malgré le caractère biscornu de mon trophée de chasse, Alexandre n'y a pas fait allusion et m'a proposé une partie d'échecs. Depuis que je lui avais avoué qu'en considérant rétrospectivement ma vie, les échecs étaient ma spécialité, sortir le vieil échiquier en bois dès qu'il y avait moins de dix clients tenait du rituel.

On a tiré les couleurs: main droite, pion blanc, j'ouvrais la marche. Les premiers coups se sont faits en silence, entrecoupés de quelques commandes de bières des rares buveurs. Ensuite, j'ai ralenti la cadence pour réfléchir un peu... Ma réflexion prenait trop de temps au goût d'Alexandre et il a entrepris de me déconcentrer par un discours au ton professoral trop appuyé:

- Il faut se laisser en partie guider par son instinct. Il ne faut pas trop réfléchir, sinon on risque de perdre le fil, de croire en de fausses stratégies et de nager dans les regrets... Tu savais que réfléchir, ça vient de «fléchir à nouveau»? Penses-y sérieusement, ça a de l'allure...

Malgré le fait qu'Alexandre n'était absorbé qu'à moitié par la partie en cours, je n'ai pas su imposer mon rythme immédiatement. Il est vrai que le métier de barman devait constituer un bon entraînement pour les échecs. Dans un bar, il y a les pions: monsieur et madame tout le monde. Peu d'impact mais majoritaires, peu attachants mais ils permettent la survie du débit.

Ensuite, les tours assises en solitaire dans un coin. Puis les fous et les cavaliers. Alors que les premiers demeurent prévisibles en restant toujours sur leur couleur, les cavaliers, eux, sont plus finasseurs; ils vont de table en table, et quand on pense qu'ils s'installent, ils bifurquent et abordent quelqu'un, parfois un ami, souvent une jolie fille esseulée. Il y a aussi les dames, les belles femmes accoudées au bar, celles qu'on n'ose trop peu aborder. Les rois sont les habitués fiables, l'âme du bar. Tous les soirs, Alexandre doit pousser ses pions, protéger précieusement ses dames et prendre grand soin de ses rois.

Alexandre a avancé une dame menaçante, me tirant de mes pensées.

- Beau coup, Kasparov.

Il s'est mis à rire :

- Et toi, t'es qui?

- Fisher, rien de moins. Selon moi, il reste le meilleur, malgré sa retraite…

Je savais qu'il ne connaissait que très vaguement l'histoire de ce grand maître américain qui s'était retiré de toute compétition pour d'obscures raisons. Mais Alexandre aimait me faire croire que j'avais affaire à un connaisseur. J'ai avancé mon cavalier finasseur en E4.

- Ouain, ben, on le saura jamais, a-t-il poursuivi, concentré sur l'échiquier. Ce n'est pas en se retirant qu'on prouve quoi que ce soit...

Il a bougé un pion et je lui ai pris un fou. J'ai brandi la pièce sous son nez et j'ai lancé à la blague:

- Je t'avertis, mon Popov, je sens que je vais tout te voler...

En s'essuyant le menton du revers de la main, tout sourire et soupir, il a rétorqué:

- Je sais bien que j'ai un cleptomane comme client. Mais je crois que tu régresses; samedi dernier, je t'ai vu voler la belle brune assise au bout du bar, et aujourd'hui, tu m'arrives avec un toaster...

Il avait le regard complice. J'ai souri aussi. En flattant le chrome de mon nouveau Phillips, j'ai ajouté:

- Ouaip. Il est joli, hein? Mais c'est un peu con, j'en ai déjà deux à la maison...

- Allez, un toast aux toasters inutiles!

Le verre d'Alex a frappé mon verre à moutarde côté coeur. On a ri sans trop savoir de quoi on riait.

- Mais conseil d'ami, tu devrais voler un verre à scotch! Ton verre à moutarde me semble peu adapté à son usage et, disons, d'une autre classe sociale. Sans parler de l'air que ça te donne... Mon cavalier prend ta tour.

Merde, je ne l'avais pas vu venir. Alexandre avait cette faculté de voir tout ce qui se passait même distrait. L'étau se resserrait autour de mon roi. L'air faussement vexé, j'ai lancé:

- Quoi, l'air que mon verre me donne? Dis plutôt que c'est toi qui as peur qu'il fasse fuir ta clientèle. Ce verre n'est peut-être pas adapté à l'usage, comme tu dis, mais je l'aime. Puis c'est pas pire que ces saletés de petits chiens à poils longs que portait dans ses bras la vieille cliente à cheveux bleus d'hier soir!

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Le Roi se meurt - Deuxième (et courte) partie

30 août 2008
Toujours agréable, Alexandre. Simple sans être simpliste, complexe sans être compliqué. Je l'admirais parfois. Grand, début trentaine, pas l'ombre d'un ventre, les cheveux savamment négligés. La majorité des femmes lui accordaient une grande beauté et beaucoup de charme. Il semblait pouvoir toutes les séduire. Pourtant, il aimait sa copine comme s'il l'avait rencontrée la semaine précédente, et pas un décolleté, pas un regard d'alcool, de désir ou de trois heures du matin n'avait réussi à l'en détourner. Il était de cette race fidèle. Pas fidèle comme un chien qui s'attache au moindre pygmée qui le flatte ou le nourrit, mais fidèle comme un laid. Ces laids qui ne croient pas qu'on puisse les aimer. Ces laids qui lorsqu'ils aiment, le font doucement, par en dessous, sans le dire de peur que le son de leur voix effraie le papillon posé sur leur main. Ces laids qui, lorsqu'ils apprennent la réciprocité de cet amour, n'en reviennent pas et ne cessent de se pincer jour après jour, les mêmes étoiles dans les yeux. Alexandre était un de ces laids. Sauf qu'il était beau.

Je n'appartenais pas au même monde. J'avais les phéromones paresseuses et je n'étais fidèle qu'à mon passé. De l'amour, je ne connaissais que de rares et éphémères papillons. Le lendemain de mes rencontres, en me glissant sous les draps, je respirais, indifférent, la réminiscence de la femme de la veille. J'incinérais sans chagrin chacun de ces petits deuils avec Alexandre. On bénissait ces âmes au Macallan, avec pour seul encens les effluves caramélisés de nos verres. Scotch, Botox sentimental.

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Le Roi se meurt - Première partie

28 août 2008
Un soir, dans un impérieux désir d'ordre, j'ai ajouté le nom d'Alice dans mon carnet d'adresses. Nous étions devenus étrangers. Il m'a fallu lui donner son nom de famille, pour ne pas la confondre avec les deux autres du même prénom, lui coller une adresse qui n'était pas la mienne, un numéro que je ne retiendrais pas, surtout par coeur. J'ai alors compris qu'un jour, ce nom aurait aussi peu de sens que tous les autres que contenait le carnet. J'ai eu un léger vertige et un peu de poussière dans les yeux.

Je suis sorti et mes pas m'ont amené à l'Asile. Avec le temps, j'y étais devenu un habitué. Mon banc était devenu une tour et le bar, un royaume que j'empruntais le temps de boire quelques verres. Je pouvais rester des heures sans parler à personne, sauf à Alexandre, le barman. Mais encore, pas toujours. Alexandre savait reconnaître mes besoins de silence.

Comme on annonçait un orage et qu'on présentait un match de hockey primordial à la survie humaine à la télé, il n'y avait presque personne au bar. Ça m'allait. J'ai commandé un Macallan. Alexandre m'a servi un Macallan. La vie savait parfois se montrer simple.

J'ai souri en signe de remerciement. J'ai sorti mon petit verre à moutarde de ma poche de veste et j'y ai transvasé le scotch sous le regard faussement détaché d'Alexandre. Je n'avais jamais cru nécessaire de lui expliquer que ce petit verre à motif de jeu de cartes était le seul survivant de ma dernière rupture et que depuis, je m'avait pris le stupide pari de tout y boire, café, vin, lait, eau. Pendant ce temps, pour meubler le vide de notre conversation, Alexandre s'est aussi versé un verre. Nous avons porté un toast puis j'ai pris une gorgée. Toute petite. Un goût caramélisé a envahi mon palais.

- C'est un petit prince, ce scotch, m'a dit Alexandre après avoir inspiré entre ses dents.

Il s'est allumé une Gauloise d'un geste nonchalant, en regardant nulle part et partout d'un air détaché. Mais il était aux aguets, un sprinteur attendant le signal de départ. Je suis resté muet. J'avais un jour compris que moins j'en disais, moins on pouvait en retenir contre moi. Parler signifiait trop souvent traduire sa pensée. Tradutore, tradittore... Je préférais me faire oublier dans un coin et écouter. J'avouerais que parfois, je n'écoutais même pas.

Il a pris une autre bouffée de sa cigarette. Je n'ai jamais su comment certains fumeurs font pour aspirer par le nez la fumée qu'ils expirent par la bouche. J'ai pris une deuxième gorgée de scotch et je suis sorti de mon mutisme.

- Dans certaines régions d'Afrique, on dit de quelqu'un qui fume qu'il «boit une cigarette». C'est une belle image...

Alexandre a souri et a aspiré profondément un nuage qu'il a retenu dans ses poumons quelques secondes. Sa façon d'apprécier un dialogue qui démarrait enfin.

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C'est frette, c'est lisse, c'est blanc...

26 août 2008
Aujourd'hui, Harper nous parle du Grand-Nord, des grands espaces froids et déserts où les ressources sont peu exploitées.

On sent qu'il connaît bien ce dont il parle.

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Nos Amis les bêtes

24 août 2008
Avec un enfant, on redécouvre le bonheur des fleurs, la vie des fourmis, et les zoos d'animaux.
Cet été, nous sommes allés au zoo de Grandby, à l'Écomusée de Sainte-Anne-de-Bellevue, et nous avons visité la section des «Zani-mots»(sic!) du festival de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Bien que fort sympathique, on y a décelé quelques... trouvailles dignes de l'île du docteur Moreau. Comme quoi on vit à une époque où tous aspirent à se libérer de l'entrave de l'étiquette.


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Annoncer ses couleurs

20 août 2008
Le Saguenay tinté rouge suite à un déversement accidentel de résidus de bauxite.
Comble de l'ironie, ça arrive à une compagnie qui s'appelle Rio Tinto!

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Un Taxi le jour - 3e partie

Cet après-midi-là, j'étais occupé à je-ne-sais-plus-trop-quoi devant la maison sous le va et vient ralenti des taxis en attente. Au coin, un taxi a démarré pour répondre au besoin automobile d'un client. La routine tranquille. Comme il tournait sur Mont-Royal: Paf! Accident.

D'où j'étais, je ne voyais que la voiture de taxi et le devant de l'autre voiture. Les dégâts semblaient importants mais avec les carrosseries des voitures d'aujourd'hui, designées par Claude Lafortune, on ne peut plus juger de la violence des impacts par les plis de tôles. Moi, quand j'étais petit, on n'avait pas des voitures de «tapettes»: les carrosseries de voitures ne subissaient que peu de dommages lors d'accident; c'était les passagers qui pliaient, pas le char! À bien y penser, c'était pas mal plus écolo dans le temps… Menfin, je m'égare.

Aussitôt, le chauffeur de taxi est sorti de son véhicule et a vertement engueulé l'autre conducteur. J'en ai déduit que personne n'était blessé et c'est avec un intérêt réduit que j'ai entendu le chauffeur de taxi sacrer en québécois avec un fort accent haïtien. Bien que de ma position je ne voyais pas le second conducteur, je l'entendais répondre au chauffeur avec un fort accent québécois. Les taba'naks de l'un recevaient les hosties de l'autre et ainsi allait la vie qui allait. Comme les deux semblaient assez grands pour se défendre seuls, je suis retourné à mon je-ne-sais-plus-trop-quoi. Mais aussitôt, j'ai entendu «T'es juste un hostie de Nègre!» qui m'a sorti de mon indifférence. La dispute venait de glisser sur la pelure du racisme et la tangente qu'empruntait le second chauffeur n'augurait rien de bon. Je me suis alors approché du champ de mars, me préparant à intervenir. C'est alors que je vois pour la première fois le second conducteur: il était plus noir que le chauffeur de taxi!

Comme quoi le racisme, c'est dans la tête!

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J'en ai besoin...

18 août 2008

Un Taxi le jour - 2e partie

17 août 2008
Ce matin-là, comme le matin du jour d'avant et la plupart des autres matins, il y avait trois voitures de taxi stationnées à la queue leu leu et en double devant chez moi, attendant leur tour au poste du coin, déjà plein de trois autres voitures. Bien sûr, ma voiture se retrouvait coincée entre le trottoir et le second taxi.

Après m'être faufilé entre le taxi et ma voiture non sans un peu frapper les carrosseries, je suis monté dans ma voiture. J'ai naïvement cru que le chauffeur près de moi comprendrait mes besoins et me laisserait passer, mais après quelques secondes, comme il ne montrait aucun signe de vie, j'ai klaxonné, ce qui ne plaît à personne et visiblement, à mon chauffeur non plus. Il m'a regardé et m'a fait le signe international de l'incompréhension. Moi je lui ai fait celui du gars qui tente de se rendre au boulot par un chemin sinueux. J'ai entendu le chauffeur soupirer jusque dans ma voiture.

Avant de mettre le contact avec une résignation proche du calvaire, le chauffeur a regardé le poste en espérant qu'il se libère au même moment et qu'il puisse avancer d'une place sans avoir l'air de se plier à mes demandes. Mais rien ne bougeait devant. Alors il a regardé dans son rétroviseur pour constater que 2 autres taxis s'étaient ajoutés à la file. C'est alors qu'il a eu un doute: et si, en sortant de la file pour me laisser passer, le taxi suivant en profitait pour lui piquer sa place...

Lui est venu alors une idée de génie: ne pas sortir de la file. Il a donc avancé sa voiture jusqu'au pare-choc du taxi qui le précédait, et quelques pouts pouts plus tard, ce dernier a aussi avancé de quelques pouces jusqu'à l'autre voiture qui elle était probablement garée dans le béton à prise rapide car rien n'y faisait: le chauffeur devait roupiller à poings fermés. Pour moi, impossible de sortir de ma place à moins de cramper mes roues perpendiculairement au trottoir…

J'ai maugréé et ai appuyé fermement sur le klaxon. Tant pis pour les voisins en cette heure matinale. Mais ce geste a suffi pour mettre le magnanime chauffeur hors de lui. Il est sorti de son taxi et m'a engueulé en disant que j'avais suffisamment de place pour passer. Physiquement, il avait raison: mon pare-choc mesure exactement l'espace qu'il m'a libéré. Mais… J'ai cherché désespérément un être humain encore doué de sens autour de moi. Heureusement, le chauffeur du taxi derrière mon «ami» a crié à son «collègue» que j'avais raison, mais selon ce dernier, la place était faite, il fallait que je fasse avec. Il me restait deux choix: assassiner quelqu'un ou reculer sur le trottoir avec ma voiture pour obtenir un angle d'attaque me permettant de passer…

Je n'ai pas fait ce que mon cœur me dictait…

Je suis sûr que ce jour-là, un chauffeur a fait tranquillement son boulot, le sourire de celui qui a tenu tête à un connard imprimé sur les lèvres.

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Un Taxi le jour - 1ère partie

12 août 2008
Quand on a emménagé dans notre appartement actuel, on avait bien vu qu'il y avait au coin de la rue, à moins de 50 mètres de notre porte, un poste de taxis, un espace d'attente pour 3 véhicules. Ce qu'on ignorait, c'est qu'il y aurait toujours 5 ou 6 taxis en attente d'un client à ce poste, quand ce n'est pas 8 ou 9…

C'est ainsi qu'on s'est retrouvés, tous les jours que le bonhomme au plus haut d'essieu apporte, avec une voiture de taxi stationnée en double devant notre porte qui attend son tour de poste. On vit donc avec le bruit bucolique des moteurs au ralenti, des pouts de klaxon à toute heure du jour et de la nuit, et des discussions animées entre chauffeurs que cela amène (moi qui croyais en l'entente cordiale entre partenaires de route, je me suis aperçu que c'est souvent la jungle et qu'au plus fort va le championnat des compteurs…)

Mais le plus pénible reste qu'à tous les matins à la levée des corps, un homme que je ne connais pas me regarde me gratter les fesses au travers la porte vitrée (De la porte, on voit jusqu'au fond de l'appartement... Que personne ne me traite d'exhibitionniste…), à moins qu'il ne m'observe attentivement sortir les vidanges ou mes bacs de recyclage, prendre mon courrier, etc. Et quand le hasard nous donne un chauffeur distrait ou discret qui n'examine pas notre décoration intérieure, il nous offre souvent un spectacle d'auto-recherche digitale de sédiments intra-narinaires (Voix de Charles Tisseyre: «Le benthos nasal mis à l'index, ce dimanche, à Découverte)…

Et tout cela n'est qu'un amuse-gueule quotidien. Les mets principaux sont parfois plus corsés...

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Aphorisme

7 août 2008
Avec toute cette eau, le hit de cet été sera:
«Il va y avoir du spore...»

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Actualité (encore un peu en retard)

5 août 2008
Comment se fait-il que ce que proposent les jeunes libéraux ait une couverture médiatique comme celle que l'on a vue en fin de semaine (entre autres: la primeur au Téléjournal)?

Si ce qu'ils disent est important, j'aimerais aussi savoir ce que suggèrent le cercle des fermières et les scouts de St-Placide...

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Tout et rien

31 juillet 2008
Je reviens tout juste de Québec, comme quoi on revient de tout.

Au travers la horde de touristes (il faut voir le nombre d'appareils-photos brandis dans le rues de la Basse-ville), le Vieux-Québec sait garder son charme de carte postale. Mais, à moins de 200 mètres des murs, le deux-œufs-bacon à prix acceptable (je ne parle même pas d'abordable) est disparu. Même les déjeuners du m'as-tu-vu Bouche-dans la Bouche (ici, je digresse, mais il le faut: QUI sont l'auteur et le graphiste de l'incompréhensible affiche de ce resto? Bouche? Dans la Bouche bouche? Bouche dans la bouche? Sont-ce les mêmes libidineux à l'humour douteux qui ont fait les désopilants jeux de mots du menu, genre «Asperge-moi!»?… Au - se - cours… Mais bon, à voir la popularité de ce resto, je ne suis pas le marché cible… menfin, je reviens à mes oeufs...) du plateau semblent des aubaines quand on les compare à ceux des menus placardés ici et là dans la vieille capitale.

Entre deux averses (les organisateurs auraient dû investir un peu moins sur McCartney et un peu plus sur Mère Nature), j'ai savouré le Moulin à images de Lepage, j'ai mélangé les Jardins éphémères et les Potagers des visionnaires (heureusement qu'il n'y avait pas en plus une exposition intitulée «les Vergers des débonnaires» ou encore «les Jardinières octogénaires», j'y serais encore…) et, faute de temps, j'ai boudé Passagers/Passengers, car le reste de mes heures en terre du 418, je les ai passées à flâner, à manger et à boire dans des endroits No-Children-Friendly avec Dame V, question de se redécouvrir en tant qu'humains capables d'autres choses que de faire des châteaux de blocs, de changer des couches et d'attraper à un centimètre du plancher les objets cassants et de valeur inestimable.

Et que dire du bonheur de se lever à l'heure - tardive et bacchanale - de 8h30!

Je me suis gardé la promenade dans le nouveau Saint-Roch pour une autre fois.

Je suis revenu à mes chauffeurs de taxi montréalais (d'ailleurs, il faut que je vous en parle un de ces quatre…), le temps de quelques courses avant de partir monter la tente sous les arbres des Cantons de l'Est, question de tester les compétences scouts de mon terribeul-tout, et ses capacités à effrayer le raton affamé qui s'acharne sur la glacière.

D'ici là, il me reste 48 heures de civilisation.

C'est long…

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Live and Let Die...

24 juillet 2008
Suis en retard sur les évènements un peu. Je suis souvent comme ça, un peu décalé, jamais à la mode mais pas complètement à contretemps. C'est ce qui m'arrive avec le spectacle de Paul McCartney…

Voici un survol des évènements des derniers jours à son sujet, et de mes réactions…

Fait: On confirme un spectacle de l'avant-dernier Beatles vivant pour le 400e de Québec.
Moi: Beau coup de pub: le bonhomme est véritablement une légende.

Fait: Tout le monde capote: Wow, il est gentil; il n'est pas venu au Québec depuis près de 20 ans!
Moi: Moi, quelqu'un qui m'ignore pendant 20 ans sauf pour me dire quoi faire avec mes phoques, c'est pas fin de ma part, mais je le boude un peu. Je suis un peu puéril, je l'admets, mais bon…

Fait: Tout le monde continue de capoter: Wow, il est gentil: il nous offre un spectacle gratuit!
Moi: À plus de 4 millions de cachet, c'est pas lui le gentil, mais la ville de Québec. À 4 millions, vous n'avez pas idée de ce que je pourrais vous faire «gratuitement»…

Fait: Tout le monde n'en croit pas ses yeux! Le monsieur est, en plus d'une légende vivante, un vrai Sir avec de l'humour et de la gentillesse et une conscience sociale longue comme ça.
Moi: On oublie vite que le monsieur a tenté de saper le gagne-pain (et a presque réussi) de plusieurs Québécois quand il est venu nous faire la morale avec les phoques. C'est siiiiii cruel! Vous voulez voir de la cruauté, Sir? Allez voir dans quelles conditions sont élevées les poules. Allez voir une porcherie, juste une fois. Observez bien ce qu'endure un cochon de sa naissance à l'abattoir, combien de secondes il passera à l'air libre. Vous avez déjà visité un abattoir, Sir? Un phoque tué d'un coup de gourdin dans son milieu naturel souffre moins qu'un chevreuil tué à la carabine dans les bois! Alors, je n'ose comparer avec le porc auquel on casse le groin pour qu'il se tienne plus tranquille pendant son transport, transport lors duquel, avec un peu de chance et de calmants, il ne mourra pas écrasé par ses congénères… Alors désolé de ne pas pleurer sur la banquise avec vous.

Fait: Tout le monde ne se peut plus de bonheur! Tout le monde? Non! Une poignée d'irréductibles trouve qu'inviter un Britannique sur les lieux mêmes où le peuple francophone d'Amérique a perdu son territoire à la couronne britannique, c'est agir en colonisés (je paraphrase).
Moi: Je souris: c'est un peu exagéré, le bonhomme n'est pas responsable des actions de ses ancêtres. C'est un spectacle, c'est une fête, et lui un chanteur! Mais le rappel, en cette époque où rien ne doit déranger, tout doit être ok, où tous doivent «live and let die», ce rappel dis-je, cette ombre d'analyse de la situation que personne ne fait jamais sous peine de passer pour des «casseux» de party, se doit d'être.

Fait: Radio-Canada souligne et re-souligne à chaque bulletin de nouvelles que de méchants séparatistes veulent saper la fête.
Moi: Trop contente de bouffer du séparatisss, la télé d'état. C'est presque subtil.

Fait: Radio-Canada reproche à ces vilains séparatistes d'occuper trop d'espace médiatique au détriment de la fête du 400e.
Moi: Euh… Les «vilains» occupent, en terme d'espace, une feuille sur laquelle est écrite leur communiqué. Le reste de l'espace, c'est Radio-Canada et les autres médias qui le donnent, voire l'imposent. Arrêtez d'en parler et ils n'occuperont plus d'espace.

Fait: Radio-de plus en plus Cadenas interviewe McCartney, question de savoir ce qu'il pense des propos des vilains séparatisss, ce à quoi il répond: «J'ai à peine entendu parler de Wolfe à l'école. Je ne m'en rappelle plus trop. D'ailleurs "you still speak French?! You won, no?!"»
Moi: Ok. Fin de la gentillesse. Que Monsieur McCartney ne se rappelle plus de Wolfe, d'accord. Mais là, le petit ton arrogant et le «You won, no?!», bien qu'il se voulait humoristique, c'est trop.

Lors de cette bataille, on a perdu notre souveraineté. La plupart de ceux qui pouvaient se le permettre sont retournés en France. Les autres, pauvres pour la plupart et maintenus dans l'indigence, n'ont pu que se replier sur eux-mêmes. Quand ils osaient se lever debout, les Anglais leur mettaient la corde au cou. Et je parle même pas du sort réservé aux Acadiens.

Plus tard, près de la moitié des Canadiens français ont dû migrer aux États-Unis pour fuir la pauvreté (comme les Irlandais qui, curieuse coïncidence, ont aussi été colonisés pas les Anglais). Ceux qui sont restés ici étaient condamnés à des postes en bas de l'échelle à moins de parler anglais, et quelques-uns ont changé, informellement ou formellement, leur nom trop francophone pour une appellation anglaise afin de ne plus se faire «écoeurer» et pour avoir un mince espoir de vie meilleure. Ce n'est qu'il y a quelques décennies que notre fierté a commencé à revenir un peu.

«You won, no?!»

Aujourd'hui, dans ce pays qu'on m'impose, le taux d'assimilation des Francophones hors-Québec et hors-Acadie frôle le 80%. Même au Québec, les enfants issus d'un mariage mixte (anglo-franco) vont habituellement à l'école anglaise. Au collège où je travaille, il faut voir le nombre de noms de famille francophones sur mes listes de classe de français langue seconde de niveau 2, niveau où on apprend à distinguer le passé composé de l'imparfait, si seulement ils savent ce qu'est l'imparfait!!! La grande, la très grande majorité des Anglo-canadiens ne parlent pas français, et quand ils le font, ils méprisent habituellement mon accent: «I speak French, not Québécouââ» ai-je entendu plus d'une fois. Ici, à Montréal, combien d'unilingues anglais disent «Why speak French: We're in Canada!»? Qui n'est pas un jour entré dans un commerce montréalais en ne se faisant servir qu'en anglais?
J'arrête là, suis trop crinqué.

«You won, no?!»

No, Sir, on n'a pas gagné. On a perdu! On a perdu et on continue de perdre un peu plus chaque jour. Désolé de ne pas avoir le sourire des vainqueurs. Désolé de me souvenir encore de Wolfe…

Alors voilà. Merci d'être venu nous voir, Sir. Vous êtes un grand de la musique, c'est indéniable. Mais ce serait gentil de faire un peu attention à vos propos quand on vous invite, et de réserver votre micro à vos chansons.

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Les Amoureux de la rue Drolet - conte naïf pour patienter

18 juillet 2008
Pierre et Betty habitaient ensemble sur la rue Des Érables depuis longtemps. Certains disaient même depuis toujours. Ça peut être long, toujours. Pas pour eux. Betty aimait encore et toujours Pierre, et en retour, il l’aimait tout autant, et même un peu plus quand il le pouvait. Cet amour, Pierre le disait à tous. Je l’aime. Je l’aime. Je l’aime. Ça se répète, ces trucs-là. Et il répétait. Toujours. Enfin, pas toujours, mais souvent et depuis longtemps. Il partageait ainsi un sentiment grand comme ça qui lui avait donné deux enfants et plusieurs sourires, tous devenus grands avec le temps. Cependant, le problème avec les choses qui grandissent, c’est qu’après un certain temps, elles quittent la maison. Derrière elles, elles ne laissent que du silence. Et le silence, surtout devenu grand, ne part pas facilement.

Pierre avait ainsi continué à dire je l’aime, je l’aime, je l’aime. Mais c’est traître, les répétitions. On vient à s’habituer, à dire les choses machinalement, sans trop y penser. On n’a plus toujours les mots à la même place que le coeur.

Un jour qu’il marchait la rue Drolet, Pierre a rencontré Hélène. Elle s’était un peu foulé la cheville entre deux dalles de trottoir mal nivelées. Pierre l’avait soutenue, le temps que passe la douleur. Cette dernière a vite fait son chemin parce que des étincelles petites comme tout prenaient toute la place. Et les yeux avaient beau tenter de se fuir, ils se retrouvaient toujours. Ça sait où chercher, des yeux, quand ça veut se trouver. Ça a été une rencontre comme peu le vivent mais tous le souhaitent. Une rencontre qui arrête tout, les douleurs aux chevilles et les répétitions.

Ce soir-là, Pierre est rentré à la maison et il ne pensait plus qu’à cette Hélène. Betty n’a rien vu. Elle a bien senti que quelque chose n’était pas comme d’habitude. C’était peut-être le boulot, peut-être la météo. Il ne fallait pas trop chercher. Parfois, quand ça sent la fumée, on ne fait qu’enlever la pile du détecteur pour ne pas qu’il sonne. On apprend à faire ce genre de trucs quand on reste longtemps avec quelqu’un. Mais c’est risqué, les trucs. C’est comme faire du vélo sans les mains.

Les jours qui ont suivi, Pierre est retourné souvent sur la rue Drolet. Il voulait voir si les étincelles brûlaient toujours. Elles y brûlaient toujours. Puis les étincelles sont devenues des étoiles, puis des soleils, puis de nouveaux mondes à découvrir. C’est difficile à cacher, un nouveau monde. Et Pierre n’a pu le cacher longtemps à Betty. Il y avait trop de lumière. Les questions ont commencé à se faire insistantes. Des questions qui connaissaient déjà les réponses mais qui faisaient semblant de ne pas savoir. Betty avait besoin de les entendre, ces réponses. Pour les graver quelque part et souvent y revenir, juste pour être sûre. Et Betty a pleuré. Pierre aussi, il faut l’avouer. Mais les larmes, ça n’éteint pas les étoiles.

Plusieurs auraient crié ou se seraient débattus. Pas Betty. Pas même un peu de colère. Enfin si, un peu, mais si peu que Pierre en a été presque déçu. Comment Betty pouvait donner des coups de pieds alors qu’elle était à genoux? Il y avait trop de tristesse pour laisser sortir quoi que ce soit. D’ailleurs, déjà trop l'avait quitté. Elle a fermé la porte. Elle a tiré les rideaux, comme au théâtre quand les comédiens n’ont plus de mots à se mettre dans la bouche. Tout juste s’il y a eu un salut.

Betty est restée seule dans son logement de la rue Des Érables. Elle est pas mal disparue et depuis, on ne l’a plus revue. Enfin oui, parfois. Mais même quand on la regardait bien, on ne la voyait presque plus.

Pierre, lui, est parti habiter avec Hélène. Il a continué d’arpenter les trottoirs sous les arbres de la rue Drolet avec le sourire d’Hélène à son bras. Leurs pas se moquaient bien des dalles mal ajustées. Ils se sont fait des promesses un peu impossibles qu’ils tiendront quelque temps à bout de bras, à bout de rires, à bout de soupirs entre les draps. Pierre a continué à parler de son amour avec des mots si beaux et si doux qu’en les entendant, on se surprend à soupirer et à être un peu jaloux.

Parfois, quand je marche sur Des Érables, je pense à Betty, à cette femme soudainement devenue trop petite pour les promesses d’éternité. Je me demande si elle ouvrira un jour ses rideaux à nouveau.

En pensant à elle, je me dis que parfois, l’amour, le vrai, le grand, est une chose trop belle, et que trop de beauté en même temps, ça donne mal au cœur à quelqu’un, ça ne peut pas faire autrement.

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Père... du

15 juillet 2008
Jour noir.

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Attention, je vous écoute...

13 juillet 2008
Entendu au coin de Chabot et Rosemont:

«Je m'en vais au parc. Il faut que je prenne mes pilules.»

Ça doit être pour soigner sa dyslexie: il confond pharmacien et parcàchiens.

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J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous...

11 juillet 2008
Dans les films, dans les livres, tout est clair, franc, simple. Les choses se déroulent d’une façon non équivoque. Dans une fusillade, les mauvais meurent en un coup de feu, les bons sont blessés au bras, et si jamais un ami du bon était salement atteint, il lui resterait toujours quelques souffles pour dire «je t’aime», «c’est Louis le méchant» ou «n’oublie pas de nourrir Fido». Mais la vie n’a pas de scénariste (on se comprend)…

Depuis samedi, on s’inquiète : les évènements ont des airs de déjà vu, et la dernière fois, c’était une fausse couche. On touche du bois les doigts croisés que ce ne soit pas le cas cette fois-ci. On attend.

Quelques jours plus tard, Dame V. voit enfin son médecin:
1er diagnostic : fausse couche.
Pour être sûr, il nous est recommandé d’aller vérifier le tout par voies technologiques.

Alors go hosto. À l'échographie, mon œil pourtant fort peu aguerri voit un têtard, sa tête, son coeur qui bat, l’espace qu’il occupe, comment tout cela est soudé à la paroi utérine, toutttt, et les clics de souris mesurent des longueurs en millimètres, très peu de millimètres. La vie est là, incroyablement petite et terriblement minuscule, mais elle est là!
2e diagnostic: Yé! Tout va bien!

Mais il reste les tests sanguins, le (les!) spéculum, les urines en pot, l’histoire moult fois répétées, etc.

Et comme dans les blagues, notre docteure est revenue avec une bonne et une mauvaise nouvelle: fausse couche ET grossesse...

Euh, pardon? Pourriez-vous répéter?

...

Eh oui: c'était des jumeaux!

On ne sait pas encore comment vivre cela.
C'est joyeux mais triste mais joyeux.
On en perd un, il en reste un, on est à 2 mois, on est pas sortis du bois (on n'est jamais sorti de ce putain de bois), il reste quelques semaines de stress... Alors on focusse sur le bon côté des choses.

Mais on est comme épuisés en ce moment.



Un petit mot à toutes les bonnes âmes, comme la réceptionniste d’hier, qui, pour nous réconforter, comparent avec pire et nous disent que «c’est bien pire quand ça arrive à 30 semaines de grossesse…»

Meuh!?!...

Pourquoi ne pas dire aux Juifs que ça aurait pu être pire que leurs 6 millions de morts : 20 millions pour les Russes au cours de la Deuxième Guerre mondiale! Alors, hein?!

Bon, ok, je compare n’importe quoi à son chien. Il est vrai qu’une fausse couche à 8 semaines de grossesse, c’est pas aussi pire que bla bla... Mais comme je dois bien me défouler quelque part, que j’ai très peu de munitions et encore moins de cibles en ce moment, alors vous saurez me pardonner.

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Attention, je vous écoute...

4 juillet 2008
«L'humain et son frère sont des salauds...
Surtout le frère.»

Patrick Belisle

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*&?%$#@!

1 juillet 2008
Bon, ok, je saute une coche…

Je ne sais pas comment c’est dans votre voisinage, mais ici, j’en pleure presque : les déménageurs-déménagés du quartier (le sacro-saint-plateau-écolomanqué-de-mes-deux) ont profité de l’annuel changement d’adresse collectif pour faire le ménage.

Je n’ai jamais, et je pèse mon jamais, JAMAIS vu autant de trucs laissés sur le trottoir et dans les ruelles. Et si ce n’était que des millions de sacs à ordures… Mais non : des matelas, des télés, des écrans d’ordi, des bibliothèques, des meubles de toute sorte, des livres, nommez-les, il y a de tout! J’ai même vu une table de babyfoot (elle n’est pas restée là longtemps par contre…) En allant visiter un ami hier, je me suis trouvé un trépied de caméra (parfaitement fonctionnel), un dictionnaire Larousse 1999 et un Multi presque neuf, ainsi qu’un pot plein de petite monnaie!!! Quoi, c’était trop lourd? Trop long à rouler? Avoir eu plus de mains, je revenais avec un écran d’ordi 17 pouces et un magnétoscope.

Moi, qui suis glaneur de nature, j’ai eu le goût de louer un camion puis de faire le tour. J’ignore encore pourquoi je ne l’ai pas fait.

Au cours des dernières années, j’ai ramassé plein de trucs dans les ordures : des chaises auxquelles il ne manque qu’un boulon, une chaise berçante dont je n’ai eu qu’à remplacer le fond, plein de jouets et d’équipement pour la petite (souvent, un simple chiffon et du désinfectant et voilà! un joli xylophone tout neuf!)...

Les gens ne cessent de répéter à quel point l’environnement les inquiète, mais dès qu’un truc est brisé, désuet ou, surtout, passé de mode, ils les foutent aux ordures pour s’acheter du plus neuf. Et si ce qu'ils jettent n'est pas cassé, ils le cassent en le lançant du 2e étage... Allez! Zouuu la grosse télé qui va bien; je m’achète l’écran plat qui est teeeeeeeellement plus beau!

Si, au moins, ils donnaient tout cela à des plus démunis. Meuh non! Sur le trottoir à grands coups de pied…

J’aime très profondément plusieurs spécimens de l’humanité, mais je crois sincèrement que l’humain ne mérite pas de se survivre…

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Les Vraies Choses

30 juin 2008
Ce matin-là, après 26 ans de vie commune, Michel regarda sa conjointe se préparer pour son boulot et se demanda comment une femme qui se maquille tous les matins, qui passe 45 minutes à placer des cheveux qu'elle teint régulièrement pour cacher la repousse, qui porte des talons hauts et des soutiens-gorge rembourrés, qui a eu recours à la liposuccion et qui envisage de se faire remonter la peau de la figure, des seins et de dieu sait quoi d’autres, comment une telle femme pouvait lui reprocher de ne pas dire les choses telles qu’elles le sont?

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Aphorisme - Nationalisme

26 juin 2008
Quand le drapeau sert de vêtement, c'est en berne qu'il est le plus heureux.



Photo de Sharon Hudgins et Bob Sheilds

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Perles oubliées...

25 juin 2008
L’inconvénient avec ce genre de florilège, c’est qu’on amasse les perles ici et là, et on finit par en retrouver partout. Voilà que je viens de tomber sur quelques notes aux hasards de mon ménage. Je ne crois pas les avoir déjà transcrites ici. S’il y a redite, je m’en excuse.

Je le répète: l'exercice se veut humoristique. Je ne veux pas rire des étudiants qui ont pondu ces perles. Je les aime trop pour ça.


«L’auteur se retrouve aujourd’hui avec 4 romans sous la ceinture.»
Sans doute un auteur de littérature érotique.

«L’histoire a un rythme continuel et un nombre de personnages juste.»
Un peu plus et il y en avait trop.

«Ses écrits sont reconnus pour leur sombreté.»
En effet, ce n’est pas très clarité…

«L’auteur gagne l’intérêt du lecteur en utilisant le confus.»
…ainsi que du perdu.

«Étant donné queles romans ne sont pas écrits du même point de vue, la lecture a été semblable.»

Parlant de confus…

« Elle a publié ‘L’Heure grise’ en 1975, jusqu’à 1984.»
Une longue publication.

«Dans les livres, il est évident qu’il y a un narrateur.»
Mais où est-il, on se le demande.

«En tant que vocabulaire, il est simple de comprendre le livre.»
En tant que lecteur par contre…

«Certains aspects le rendent mouvant et fabulant.»
Ça m’émouve.

«À la suite d’avoir été désunis, leur vie est méconnaissable après le trépas des hostilités.»

On est pouet ou on ne l’est pas.

«La matière restitue ce roman un peu vétilleux à digérer.»
Un roman à recettes manquées.

«Il est évocatif et vigoureux à lire.»
Moins à corriger cependant.

«Les récits nous amènent dans une vraie montagne rocheuse d’émotions.»
Elles sont plus rochantes que les russes.

«Cette œuvre inoubliable ne passera jamais sous silence.»
Ça nous laisse bouche bée.

«Les enfants devront se contempler à être seuls afin de survivre.»
La méthode narcissique.

«Le temps pour lire le livre nécessite une longue période.»
Le temps prend du temps.

«(…) ce qui exige une compréhension développée afin de suivre la fin.»
Moi j’ai tout compris à partir de la fin.

«Le livre est rédacté en français.»
Ce qui soulève des réactions mitactées.

«Dubois se fie aux sources d’autrui.»
Là où l’information coule.

«On s’interroge sur cette société corruptée.»
On devient ruptés à ce genre d’erreurs…

«La mode de vie des Américains»
Le mode printemps-été.

«Il parle de choses qui la observés, parezample de la violence.»
Pas de doutes, il l’aise a vus.

«Il a écrit une quinzaine de romains.»
Et gagné un César.

«C’est un livre informatique et objectif.»
Un ordinateur neutre.

«Il est né en Toulouse» (Non.)
«dans Toulouse.» (Noon!!)
«à (…)» (Oui!!!) «(…) Talouse.» (Zut!)

«Ce n’est pas un livre à lire hors du plaisir.»
Mais bien dedans.

«Il aime rencontrer toutes sortes de comportements.»
Enchanté!

«Il écoute les Amiriquins.»
(Pour écrire des bouquains.)

«Pendant toute l’histoire, le personnage de la mère est soit morte, soit malade.»
Quoi? Encore morte? C’est redondant…

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Impolitesse en comun

20 juin 2008
Mercredi, journée découverte père-fille. ce jour-là, le thème était «Transports en commun» et le projet était de faire un tour d’autobus et de métro sans autre but que de se promener.

Bien sûr, ma fille est super excitée à l’idée de monter dans un de ces gros autobus qu’elle voit passer tous les jours. À l’arrêt du bus, elle parle à tout le monde et à toutes les questions qu’on lui pose, elle répond invariablement «Romane» ou «2 ans».

Quand l’autobus arrive, je la prends dans les bras et monte. Le bus est plein et il ne reste aucune place pour s’asseoir. Je me dis qu’une bonne âme saura me céder sa place, j’ai une enfant de deux ans dans les bras…

Erreur.

Pas une foutue personne ne se lève. Tous regardent dehors, font semblant d’être dans la lune ou de lire, etc. (En passant, dans le métro ou dans l’autobus, ça paraît quand quelqu’un fait semblant de lire pour éviter un contact visuel…) J’agrippe un poteau, je fais des blagues avec Romi, je ronge mon frein et j’étudie cette masse impolie.

Il y a quelque chose comme 40 places assises. Sur ces 40 personnes, combien de jeunes de moins de 25 ans (la génération impolie, c’est bien connu)? Une seule.

Sur ces 40 personnes, combien d’hommes (ceux qui ne connaissent plus la galanterie)? Quatre (c’est peu, mais c’était cela).

Sur ces personnes, combien de vieilles (et là, je suis généreux, j’inclus toutes les personnes de plus de 60 ans, même si 60 c’est encore suffisamment jeune pour se tenir debout dans un autobus) qui risquent leur hanche juste à marcher sur le trottoir? 20, tout au plus.

Alors on fait le calcul ensemble : 40-1-4-20=??
15.

15 femmes âgées de 25 à 60 ans, des femmes qui ont probablement déjà été enceintes et qui ont eu des enfants, des femmes qui ont sûrement déjà reproché à autrui leur impolitesse. Et pas une TA… qui se lève pour laisser s’asseoir un parent qui a une fille de deux ans dans les bras!!!! Bra-vo…

La première qui me parle du manque de galanterie de l'Homo contemporinus, qui reste aussi inexcusable, je la gifle.

Je me souviens d’une fois dans le métro, alors que Dame V. était enceinte jusqu’aux oreilles (elle devait en être à sa 78e semaine de grossesse) : personne ne lui a cédé sa place!!! Quand, deux arrêts plus loin, une place s’est libérée, une femme d’environ 40 ans s’est littéralement glissée sous Dame V. pour lui subtiliser le banc sur lequel elle s’apprêtait à poser les fesses. Pour ajouter à l’impolitesse, la dame a ouvert son livre et a fait la sourde oreille quand Dame V. lui a fait remarquer qu’elle était enceinte. C’est un homme plus âgé assis à côté qui lui a offert sa place…

Est-ce juste à Montréal que cela arrive?

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Attention, je vous écoute...

19 juin 2008
Entendu dans l'autobus:
«- Les premiers seront les derniers.
- C'est n'importe quoi.
- C'est pas moi qui le dis, c'est Céline Dion.»

À chaque époque son prophète.

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Repère

17 juin 2008

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Attention, je vous écoute...

16 juin 2008
En nous quittant après être entrée quelques minutes chez nous:
«Merci de m'avoir hospitalisée...»

Anne-Marie M.

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Dans l'oeil

11 juin 2008
- Tu pourrais rouler moins vite!?

Elle l’a crié trois fois avant que je ne la comprenne. Il fallait vraiment que je fasse réparer mes foutus silencieux. Il faut avouer qu’un casque de moto en plus et le déplacement d’air n’aidaient en rien. J’ai beuglé en retour, par dessus mon épaule.

- Pourquoi?

- On n’est pas pressés.

Pas pressés. Elle parle pour elle. Des semaines que j’attendais qu’elle revienne de ce foutu voyage. Je m’étais ennuyé comme je ne l’aurais cru possible. Un chameau qui attend le soleil pendant un déluge.

- Ben moi, oui, ai-je marmonné.

C’est vrai qu’on roulait à près de 150 à l’heure, ce que je ne faisais jamais quand je n’étais pas seul sur la moto. Ariane m’avait manqué juste assez pour prendre le risque de rouler à près de 200 en allant la chercher à l’aéroport. Je me retenais pour ne pas en faire de même au retour. J’ai tout de même relâché un peu la poignée. Ma vieille Yamaha roulait à la limite de ses capacités réduites par sa charge. La compression a fait son œuvre et nous nous sommes retrouvés à 100 km/h. Sur le tronçon d’autoroute à moins de deux kilomètres de chez-nous, un bouchon de circulation s’est formé. En fait, je ne sais pas pourquoi je dis s’est formé, il ne se déformait jamais, ce bouchon.

J’ai fait un effort surhumain pour ne pas slalomer entre les voitures et rouler sur l’accotement. On s’est totalement arrêté. On avait un insigne BMW en plein face et un énorme camion Volvo dans le dos. On était le Danemark des véhicules. Il faisait un peu chaud pour la mi-avril.

- Ouf! Mon sac à dos m’arrachait les épaules. Pourquoi tu roulais si vite?

- Pour arriver plus vite, mon enfant, ai-je dit à la blague. Pour te regarder plus vite, pour te faire l’amour plus vite... Menfin, tu comprends... Ça fait cinq semaines que j’attends ton retour et là je t’ai dans le dos. C’est légèrement frustrant…

À ce moment, j’ai réalisé qu’Ariane ne me tenait pas par la taille comme lors de nos promenades habituelles. Elle ne m’avait pas donné non plus le coup de casque de la chance avant de partir, le coup de «rien ne peut nous arriver». Les dernières semaines avaient été trop longues. Il y avait eu suffisamment de temps pour oublier quelques habitudes.

Le bouchon s’est soudainement dissout, comme si rien ne s’était passé. Pourtant, il y avait bien eu un accident quelque part. Avec blessés. Peut-être même des décès. Je n’ai rien vu. Les morts ne sont jamais là où on pense.

On a fini le trajet sans un mot. Il faisait beau. Pas un souffle de vent, pas un nuage paresseux. Que du soleil qui frappait de toutes ses forces. Je ne pouvais savoir que je roulais dans l’œil de l’ouragan.

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En 1990...

9 juin 2008
Samedi soir, on est un petit groupe chez un ami pour un anniversaire. Tout transpirait les partys de notre adolescence : bière, vin, piscine, système de son, humour. Les enfants étaient chez les grand-parents, nous avions 17 ans à nouveau, sauf que rien n’appartenait à nos parents, nous étions libres, nous étions fous et nous jasions pas de REER.

La journée a été chaude, l’alcool était frais. Autour de la table, les rires se sont faits de plus en plus forts, et sur l’heure du souper, sans trop savoir comment, un ami a entrepris une réfection de la déco de notre hôte, décoration-vestige d’une union précédente. L’hôte se met de la partie et c’est pendu au lustre qu’on décide de mettre un terme à ce spontané «extreme make-over» digne de films américains pour ados attardés.

On s'est retrouvé au salon à danser comme dans le temps (hum!) sur du Tones on Tail, du Violent Femmes et d’autres succès d’un autre âge qui en disent long sur le nôtre. Je ne me suis pas cassé de hanche, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Notre adolescence a fondu vers minuit (ouf!) et comme tout le monde baillait, on s’est serré la pince, on s’est donné des tapes dans le dos et on a pris le chemin du retour. Le pire, c’est qu’on ne se sentait même pas coupable de finir ça si tôt.

Le lendemain matin, malgré les Florabil, les Tylenol et les grands verres d’eau, Jean Leloup résonnait encore dans ma tête, mais le refrain de 1990 avait une tout autre saveur.


**

J’aimerais bien faire une petite soirée chez moi bientôt, mais avant, je vais courir les ventes-débarras trouver un jeu de poches…

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L'Entropie de l'antre.

6 juin 2008
Entre chien et loup
Un entreprenant
Entre-deux
Entre quatre yeux
On s'entrelacent
Entrecuisse
Entrejambe
Entrouvert
Ventre
Entre sort entre sort
Entraînant
Entrechat
Entrebâillement
S’entremêlent
S’entre-déchirent
S’entretuent
Entrechoquements
Entre les yeux
Au centre.

Entre-temps
Entre deux chaises
Entre deux joints
Entretien
Entre par une oreille et…

Entre l’arbre et l’écorce
Entre nos mains
L’entropie de l’antre.

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Ta-Dam!

3 juin 2008
Ça se fait discrètement, en douce, à votre insu, puis vous regardez en haut de l'écran et...
Vous avez été redirigé sur www.danielrondeau.com!

Eh oui! Exit Demetan! Ce nom est lourd à porter, j'en conviens, mais il n'est surtout pas libre de droits d'auteur! Il me faut bien prêcher par l'exemple (après 4 ans...)

Désolé pour le trouble, mais vous devrez ajuster vos marque-pages et votre blogoliste (du moins si j'y suis!). Pour les plus paresseux, Blogger continuera de vous rediriger ici, en douce.

Mais à tout seigneur tout honneur: ce nom de domaine - ainsi que les ajustements nécessaires à ce qu'il fonctionne bien (la galère j'vous dis pas) - sont un cadeau d'anniversaire de mon ami Patrick.

Merci beaucoup Patski!

(J'aurais quand même préféré un billet pour le Cirque du Soleil de Macao, mais bon, il a préféré sa douce...)

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...

26 mai 2008
On est en plein déménagement ici, et il semble que ce soit plus complexe que prévu.
Il se peut donc que certains liens tels les commentaires et les libellés fonctionnent mal pendant quelque temps.
Désolé.

Puuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu...

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Le Gala Blogu'Or 2008!

24 mai 2008
Même si on a une petite idée du nombre d'heures que cela exige, il demeure difficile d'imaginer tout le travail colossal qu'une émission comme le gala peut demander, mais on peut en voir le résultat ici.

Près de 10000 votes au total, et près de 600 juste pour la catégorie Littérature-Fiction (ou, comme le dit Patrick, Littérature-Alcool à friction), catégorie dont je suis sorti grand gagnant! Wow!

Je dois avouer que ça me laisse sans voix, même si mon personnage 3D du gala semble bien «dealer» avec ça. En passant, merci aux organisateurs-dessinateurs pour la tignasse! Quand j'aurai l'air de mon ami Patrick (ce qui devrait être bientôt...), je regarderai ces images avec une petite larme...

Merci beaucoup tout le monde!





Allez oust! maintenant, au gala!

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Perles et coquilles

22 mai 2008
Voici venu le temps des perles estudiantines. Préparez-vous un café, il y en a eu quelques-unes cette session. Bonne lecture!

C’est une œuvre des plus disputées.
(À la bibliothèque, elle est constamment au coin!)

Les mensonges laissent les lecteurs sans distinction entre la réalité et la fiction.

(Les gros, les grands, les chauves, les nains… Tous!)

L’auteur laisse une forte empreinte sur les lecteurs dont tout le monde devrait faire expérience.

(Surtout les lecteurs inexpérimentés.)

L’exercice fera réaliser à l’élève les erreurs de coordination et lui permettra d’éviter de se répéter.

(On se frotte le ventre d’une main, on se tape sur la tête de l’autre, tout cela contre le bégayement?)

Le ballet classique remonte à l’Europe.
(Wouuuu… Ça remonte à loin!)

Julie aimerait maîtriser les rouages de sa langue.
(Pour mieux tourner sa langue 7 sept fois avant d’écrire.)

L’utilisage du dictionnaire est une nécessité.
(En effet!)

L’histoire est obscure et lourde comme du brouillard.
(Et tendre comme la pluie.)

Une histoire longue et détroutante (!) qui laisse le lecteur avec un goût désagréable dans sa tête.

(Alors, on se la rince avec du Listerine.)

L’auteur est le récipient du Prix du livre Inter.
(Une bol ou une cruche, l’histoire ne le dit pas.)

Les personnages ont tous des cicatrices béantes.
(S'il vous plaie.)

Le livre fait un rebondissement.
(Probablement suite à son lancement)

Les romans sont une collection de racontes(…)
(Du moins, c’est ce qu’on raconte.)

Les trois romans sont écorchés et cruels.
(Vifs!)

Les lecteurs tiennent l’haleine de la première à la dernière page.

(En plus, ils la tiennent par la bouche!)

Une grande partie des décès sont tous évitables.
(Tous, mais en partie…)

Les ingénieurs se travaillent pour trouver des solutions.
(Moi, c’est les femmes qui me travaillent.)

Selon Thera, l’Atlantide a existé mais à l’âge bronzé.
(Juste après l’âge de plage.)

La police judiciaire est spécialisée en détromper des crimes.
(Il ne faut pas laisser les crimes dans l’erreur.)

Le monde est sur le point de ses fondrés.
(Et il sec raserait.)

Il y a des changements percevoirables.
(On répète en choeur: l’utilisage du dictionnaire…)

Le titre nous provoque à croire qu’une partie…
(Provoque-moi pas…)

L’histoire n’a pas de terminaison qui est une déception.
(Une terminaison muette.)

Une autre traite intéressant est le montant de rebondissements.
(Un autre nom pour la taxe sur le divertissement?)

Une histoire d'hommes pleine de tristeste (…)
(Avec un taux élevé de tristostérone.)

Les livres sont basés narrativement (…)
(C’est ce qu’on raconte.)

La façon que les livres sont écrits et les transitions entre chacun sont retardées.
(On la comprendra plus tard…)

L’un des personnages se fait nier.
(Niés, eux.)

Il y a de fréquents évènements atrocieux.
(Sans parler des bizarriens et des étrangions.)

Le contenu est vide.
(Mais pas le contenant.)

Malgré son ennuyance, l’histoire (…)
(La souffri du lecteur.)

Elle s’est enfuie en 1986, en France et en avion.
(En... técas.)

La fille fait de l’amour avec son amant.
(Elle fait le bruit aussi…)

Une femme s’habitait seule (…)
(Je préfère ce genre de femmes à celles qui s’habitent chez leurs parents.)

Les personnages vivent des choses imaginablement horribles.
(On peut le voir.)

Plusieurs gladiateurs se battent dans la reine (…)
(Peut-être finiront-ils par s’ébattre…)

Les personnages vont d’une payes à l’autre.
(Ils voyagent à toutes les deux semaines…)

Il traverse la frontière et l’aisse son frère.
(Plus tard, il leur trouve.)

Le style évolue au passé du temps.
(Ce temps qui laisse des tracés.)

En échange du gardien, le Canadiens de Montréal recevra le 2e choix de Washington à l’empêchage de 2008.
(Le repêchage de tourner en rond.)

Les frères Kostityn sont des attaqueurs célèbres, Guillaine Latendresse fait des grands échèques, (…)
(Quand un vrai fan parle hockey…)

Plusieurs compagnies refusent d’embaucher les individus qui contiennent de l’encre dans leur peau.

(Sauf pour en faire des encriers.)

J’aimerais ouvrir une pâtisserie car j’aime cuire.
(Une nature chaude!)

Une éducatrice doit être capable de travailler avec n’importe quelle genre de personnes : ça peut être une fille ou un garçon.

(Ouf! Il y en a vraiment de tous les genres!)

L’âge le plus important pour le développement des adolescents est entre 1 et 6 ans.
(Rien de pire qu’être menstruée en plein Terrible Two!)

Tim Hortons garde un bilance financiel pour voir les recevoir et les perdus.
(Je n’ai jamais rien compris à la comptabilité.)

Sue Rodriguez était une mère atteinte de sclérose latérale amylotrophique de Colombie-Britannique.
(La sclérose de Saskatchewan est plus plate…)

Il s’en et rend du compte.
(Je ne sais pas pour vous, mais moi, ça m’a pris un certain temps…)

On aime aller à la cabine à sucre.
(Et que dire de la cabane téléphonique?)

Il est un immigrant de hongrois.
(Haaaaa, le Hongrois et ses paysages…)

S’il y a un pêcheur sur un bateau et qu’il est perdu, il est probablement dans l’eau.
(- Chérie, je suis perdu.
- Mais non, tu es dans l’eau.)

Et une dernière. Une coquille orale d’un étudiant. Quand je dis aux Français que la distinction é/è à l’oral est toujours et encore utile…
- Ils sculptent les os de leurs parents morts, attachent l’os sur un bout de bois et s’en servent comme des épais.
(Un coup d’épais dans l’eau!)

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Au poteau!

20 mai 2008
Ça se passe au Djibouti en ce moment. Un fait divers comme il y en a trop. On a retrouvé un enfant mort dans le fond d’un puit. La police fait sa petite enquête puis arrête Omar, un demi-oncle, pour le questionner.

Bien sûr, l’affaire est sordide et les journalistes tels des vautours viennent planer dans les parages. Ils interrogent le village au complet et tous trouvent qu’en effet, Omar était un être bizarre : il était solitaire, il n’avait pas de travail, il n’avait pas de femme, il avait déjà volé tout un panier de nourriture il y a longtemps. Bref, il n’éta