lundi 29 juin 2009

Attention, je vous écoute...

Alors que je lui explique qu'il lui faudra être patiente car son petit frère à peine âgé de quelques jours ne parlera pas avant quelque temps, Romane me rassure :
« Peut-être qu'il va parler français ! »

Romane, 3 ans.

Sinon, ben... je le retourne.
B'en quoi ? C'est que j'avais commandé.

mercredi 24 juin 2009

Brèves de naissances (2 de 2)

Malgré toutes les avancées médicales, le repos et le milieu hospitalier demeurent incompatibles. Tout comme la lecture des dossiers des patients et le travail infirmier : on devra répéter toutes les informations sur ce qui s'est passé à la moindre blouse blanche (ou à motif de fée ou de Babar !) qui vient prendre la pression, la température, le pouls, le thé, etc. Entre les 547 visites, les réveils de bébé et les cauchemars, Dame V parvient à dormir quelques minutes.

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Il y a vraiment des gens que la vue de Babar rassure ?

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Enflée, vidée de son sang, traumatisée, piquée de partout, Dame V semble revenir de la guerre. Elle en revient, je l'y ai vue. Que l'humain persiste à se reproduire après la connaissance de tels accouchements (et il y en a des pires) est désormais une énigme.

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À chaque fois que Dame V a besoin d'un médicament, elle sonne. Une infirmière se pointe, gentille, et promet de revenir immédiatement avec ledit médicament. Sauf exceptions, il faut toujours sonner une deuxième fois. Chaque fois, elle a oublié. Il faut dire que notre chambre est à sept pas du bureau des infirmières... «On reçoit beaucoup d'appels des patients, vous savez...» nous sert-on en excuse. Je n'en doute pas. Mais je connais un truc pour que le personnel infirmier reçoive la moitié moins d'appels des chambres...

***

Partout, sur les murs, des affiches faisant la promotion de l'allaitement maternel. Des dessins pastel et des photos aux contours artistiquement flous nous montrent des femmes aux seins généreux donnant la tétée à des bébés bien ronds dans une sérénité près du nirvana. Si ce type d'allaitement a de nombreuses vertus, il n'a pas celui de donner talent et bon goût.

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Durant tout notre séjour, une seule infirmière s'est assise avec Dame V pour s'informer de ce qu'elle vivait. C'est aussi la seule qui a dit qu'entre le lait maternisé et le lait maternel, l'important était de se sentir bien et d'être présent pour l'enfant, mais de son propre aveu, elle n'a pu nous le dire que la porte close, l'allaitement étant la seule option envisageable à l'hôpital. Malgré toutes les bonnes intentions, les religions sont toujours les mêmes.

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Le médecin nous répète que Dame V est trop faible pour se lever seule, même pour un tour aux toilettes, car elle pourrait perdre connaissance. Il est donc hors de question qu'elle se lève pour prendre le bébé.

En avant-midi, je quitte une heure pour aller prendre une douchette, ramasser quelques vêtements et m'assurer que mes parents s'arrangent bien avec ma plus vieille. Pendant mon absence de l'hôpital, Clovis s'est réveillé. Dame V sonne pour que quelqu'un le lui apporte. L'infirmière de jour chargée de notre secteur lui dit sèchement que je dois revenir, qu'elle n'est pas là pour catiner, et elle repart. C'est avec ses vertiges et la moitié de son sang que Dame V ira chercher le petit pour le ramener dans son lit. Elle m'appellera, au bord des larmes d'épuisement, 35 minutes après mon départ.

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À l'hôpital, on insiste pour que les papas s'impliquent, mais on ne leur donne rien à manger, on les ignore et on les fait dormir sur des lits d'un centimètre d'épais «dont je ne peux garantir la propreté», dixit notre «dévouée» infirmière de jour. Heureusement, ça sent le bébé partout. Ça apaise.

***

Depuis le début, l'infirmière de jour me parle comme si je souffre d'un léger retard mental, en m'enseignant que le bébé n'est pas un petit chat et en me parlant avec des «Monsieur, tu vas...» et des «Ta madame doit...» Quand je serai vieux et à l'hosto, j'espère ne pas tomber sur elle sinon je lui fous des coups de cannes en lui donnant des leçons de vouvoiement. (Tiens, ça me donne des idées pour mes cours à l'automne prochain...)

***

Avec les repas, on fournit un bout de papier sur lequel est décrit le menu offert. Heureusement parce que rien n'a de goût. Et devant le pain blanc des déjeuners et les fruits en conserve, que personnes ne me servent l'argument de l'aliment santé (sans sel ni sucre). Ce midi, bœuf à la mode (sic !) Dame V a donc droit à sa ration de brun quotidien.

***

Ma fille la plus vieille ne peut venir voir son frère à l'hôpital à cause de la grippe A, une grippe somme toute bénigne qui fait moins de morts que la grippe dite «normale» que l'on affronte tous les ans depuis des siècles. D'ailleurs, question de faire paniquer le monde, je tiens à rappeler que la grippe, même celle pas A, a toujours été une maladie pouvant être mortelle. Le personnel à l'entrée m'explique avec de grands yeux que c'est maintenant une pandémie. J'aurais dû leur rappeler que c'est un constat d'étendue géographique, une pandémie, pas de virulence, et que si le virus a maintenant atteint le désert de Gobi, ça ne devrait pas empêcher les grandes soeurs de voir leur frère naissant. La mésinformation aussi est une pandémie. Et elle me tue.

***

Après une journée et demie de supplice, malgré les 2 sacs de potion magique qui attendent Dame V, on demande (lire exige !) de recevoir notre congé. Comme l'hôpital déborde, on n'a pas à se battre trop longtemps. Notre infirmière de jour exige qu'on lui montre notre siège de voiture avant de partir, ce que je fais quelques minutes plus tard. Elle me répond qu'elle n'a pas le temps car c'est son heure de dîner. Derrière elle, l'horloge indique 11h53. Je soupire. Il existe une site RateMyNurse?

***

Depuis, Dame V va beaucoup mieux. Ce soir, nous avons marché jusqu'à la crèmerie au coin Des Écores et Beaubien. La petite en a partout, le petit dort dans mes bras, le soleil nous chauffe encore la peau malgré qu'il soit 19h40. On est 4, on prend toute la largeur du large trottoir, et on sourit.

lundi 22 juin 2009

Brèves de naissances (1 de 2)

Lundi dernier. Comme un autre lundi, sauf que Dame V. perd ses eaux. Perd de l'eau, devrais-je dire, parce que ce n'est pas comme dans les films. Pas de flouch, pas de mare. On va à l'hosto pareil, parce qu'une fuite à 41 semaines de grossesse, ça se calfeutre mal.

L'hosto garde Dame V allongée : il y a bel et bien fuite. Quelques gentilles contractions laissent entendre qu'aujourd'hui est le grand jour. On est tantôt contents, tantôts inquiets. Entre ici et le bébé, il y a un petit chemin obscur qu'on doit emprunter.

Les contractions sont erratiques et inefficaces, alors on les provoque un peu avec du « picossin ». Soudainement, on entre dans la ligue majeure. On entend une femme crier à l'autre bout du corridor. Le ton est donné.

Ici, question de pudeur et de vie privée, je vous propose de visionner ces quelques vidéos éducatives sur le travail, la poussée et l'accouchement.

Clovis est né à 19h40. En super forme.

Mais la belle histoire du début de vie côtoie l'horreur. Quelques complications plus tard, on nage en pleine finale des Invincibles : je reste des heures seul avec fiston sans nouvelle de ma copine partie d'urgence en salle d'op. Chaque fois que j'en demande, on me répond qu'on ne sait rien, qu'on va s'informer, blablabla. Je reste seul dans ma chambre comme un con. Et con ne sait rien.

Je visite la chambre, bébé au bras. Au plafond, un ventilo 2 vitesses : off et super dooper vite. J'opte pour off avant que les yeux ne me sèchent. Dans le coin gauche, la lampe sur pied ne s'allume pas. Même l'infirmière, après un regard de mépris devant mon incompétence, n'y parvient pas. Dans le coin droit, un lit de camp pour le papa sur lequel des femmes devaient accoucher en 1964 tant le matelas est usé et fatigué. Ça me répugne un peu et je préfère l'enlever pour me coucher directement sur le lit de camp. Sous le matelas, il y a un vieux pyjama déchiré. Avec le bruit de fond de la toilette qui fuit doucement et la peinture qui décolle un peu autour du haut-parleur près du lit, je me crois en Ouganda. Pourtant je suis à Maisonneuve-Rosemont.

On finit par m'informer que Dame V revient de la salle d'opération dans quelques minutes, question de me faire patienter. 35 minutes plus tard, elle entre dans la chambre, enflée, livide, faible. On m'explique vaguement que ça a été plus dur que prévu, qu'elle a perdu beaucoup de sang, qu'elle devra rester plusieurs jours à l'hôpital pour se reposer.

Elle dort là, c'est tout ce qui compte.


samedi 13 juin 2009

Red Wings, champions de la coupe Stanley 2008-2009 (ou une des milliers de faces cachées de la société de consommation)

Bien que j'y participe rarement, j'aime bien les joutes sportives pour ce qu'elles ont de rassembleur. Ces moments où des humains se surpassent pour des futilités (pousser un morceau de caoutchouc derrière une ligne à l'aide d'un morceau de bois par exemple) permettent à une foule de personnes d'assouvir leur appétit grégaire et belliqueux en criant bêtement des ritournelles accrocheuses à trois notes.

Hier, c'était la finale de la coupe Stanley. Une vraie joute dont on n'a connu le vainqueur qu'à la toute dernière minute, littéralement. Quand la fin du match fut annoncée, la place fut envahie de casquettes et de chandails aux couleurs des gagnants. Pas seulement pour les joueurs mais aussi pour les spectateurs. Chaque fois, ça provoque un malaise chez moi : comme il est impossible de connaître l'identité du vainqueur et que tout le bataclan sort des boîtes dans la seconde suivant la sirène, les marchands doivent donc se préparer à toute éventualité, ce qui signifie imprimer des casquettes, des chandails et dieu-sait-quoi à l'effigie des deux équipes.

Que se font-ils avec la moitié du stock soudainement invendable ?

J'aimerais beaucoup croire qu'il y a quelque part sur la planète une tribu qui a pour garde-robe des vêtements qui relatent le contraire de l'histoire des finales du sport professionnel, mais je ne suis pas naïf.

lundi 8 juin 2009

Confiture de perles

Je me suis toujours demandé pourquoi je trouvais de nombreuses perles d'étudiants une session alors que presque rien ne ressortait la session suivante. J'ai souvent accusé la qualité du français des étudiants, mais il n'y a pas que ça : il y a aussi le regard du lecteur, sa disponibilité.

Cette session, j'ai eu particulièrement du plaisir avec mes étudiants, et ce plaisir restait, même pendant la correction de leurs travaux. Ainsi, de simples erreurs se mettent à briller...

Encore une fois, je le répète, ceci n'est pas fait pour dénigrer des étudiants que j'ai en particulière affection (surtout ceux de cette année). Aussi, pour vous rassurer, les phrases sont citées hors contexte et parfois, elles ne sont nullement représentatives de la qualité du travail dont elles sont tirées. Heureusement.

Mais bon, après en avoir rigolé avec mes étudiants, je partage ici les meilleures perles.

Dans la poursuite de la tradition (et ici, ici et , et aussi ...), voici la récolte 2009.

Bonne lecture!

**

Première partie : Vrac.

(…) une lecture légère sans après-goût.
(Sans après-pensée également.)

Ce livre reste bloqué dans votre cerveau.
(Et la phrase dans notre gorge.)

Le personnage a une faute d’amour bien placé chez-soi.
(Une faute bien placée vaut mieux qu'une exactitude déplacée.)

On y retrouve des jeux de mots qui jouent avec le sens des mots.
(Généralement, c'est ce que font les jeux de mots dans la vie.)

Les agents du FBI n’ont pas souri depuis l’érection de l’ancien président Truman.
(Mais la gent féminine, si.)

Le livre est une petite perle qui se lit en un rien de deux.
(Et en moins de temps.)

Certains extrémistes pensent qu’ils ont le mandat d’éliminer le monde des homosexuels.
(Allez le monde, on sort des homosexuels !)

Chacun vit pour soi dans le but de bénéficier de sa propre personne.
(Une sorte de masturbation, quoi.)

Cet homme a tué sa famille pour de l’argent et des biens matériaux.
(Les fameuses pantoufles en ciment !)

Il ne rend pas la violence douce aux oreilles des lecteurs.
(Un lecteur audio, sans doute.)

De temps en temps, l’auteur commet des lapsys de sa façon écartée d’écrire.
(Entre ce qu'on dit et ce qu'on veut dire, il y a parfois un grand écart.)

La courteur du livre est un handicap.
(Comme la petiteur du lexique.)

Dans cette nouvelle, nous sommes présentés à l’optimisme.
(Enchanté !)

Cette œuvre n’est pas facilement lue.
(Une oeuvre sauvage qui ne se laisse pas approcher !)

Des mots humoristiques s’abordent tout le long du texte.
(Quand les blagues se lancent à l'abordage...)

La vie des petites-filles est altéré par le passé de leur mère qui n’a pas eu une enfance ne donne pas toujours une belle enfance à ces enfants parce qu’ils n’ont pas appris comment élever leurs enfants dans la gaieté.
(Ici, l'usage du présent du contraceptif aurait éviter qu'il y ait trop d'enfants.)

Elle sentait comme une femme pacifique.
(Pas comme ces femmes qui sentent l’arctique ou l’indien.)

Durant la journée, la machine qui avait une malfonction a fait une crise.
(Rien de pire qu'une crise de machine à coudre.)

Un jour, il rencontra une demoiselle et l’épousa.
(Le lendemain, ils eurent des enfants.)

Le monde irait mieux si tous les gens cédaient.
(La devise des despotes.)

Je prends mes jambes à mon coup.
(Cours, Amstérisme, cours... de français!)

Il reçut un cou à la tête.
(Il aurait eu l’air drôle avec un cou au cul!)

David s’est réveillé frénétiquement.
(Il avait aussi le sommeil agité.)

Ses apparitions à la télévision agrandissaient son image (...)
(Surtout en HD.)

Elles se lancent dans les flammes de l’enfer une à la fille de l’autre (...)
(La fille de l’autre, c’est une fille indienne ?)

***

Seconde partie : Autour de Pierre Léon Lalonde - qui nous a fait l'honneur de sa présence en avril - et de son livre Un Taxi la nuit - Tome II
Notez que Pierre Léon Lalonde semble être une source d'inspiration particulièrement importante de lapsus calami. Son amour pour le jeu de mots serait-il contagieux?

Le texte est intéressant puisque les histoires sont intéressantes.
(Ça aide.)

Le livre saura plaire aux partisans des blogues.
(Go! Blogs! Go!)

Les photos valent bien les 1000 mots qui leur sont accordées.
(Je le lui accorde.)

Une image vaut 1000 mots, mais le temps que le lecteur dévouera à ces photos sera beaucoup plus long.
(2000 mots d’abord ?)

Dans le livre, on retrouve des photos prises à même le doigt de l’auteur.
(Des photos digitales.)

Il capture des images de Montréal pour complimenter le texte.
(Un compliment d'objectif direct)

Les photos couleurs ajoutent une touche finale.
(Le photo-finish.)

Les photos comportent un élément de surplus.
(Pas la note)

Il y a des photos qu’il prend avec son taxi.
(Souriez ! Le petit radiateur va sortir !)

C’est la goutte qui fait déborder le ver.
(De la téquila, sans doute.)

L’auteur amène son point de vue en taxi.
(Il faut sortir ses idées.)

Lalonde n’est pas un écrivain ordinaire. Il est tout sauf.
(La question est de savoir s'il est sain !)

Ses racines sont bien encrées à Montréal.
- variante : (...) encré dans le réel
(Il jette l'encre.)

Sans l’ombre d’un doute, il n’est pas clair que (…)
(Un clair-obscur.)

Il a travaillé sur une émission diffusée sur les ondes de CIBC.
(Une banque musicale.)

L’auteur est atteint d’une popularité grandissante.
(On espère qu’il n’est pas en phrase terminale !)

Pierre Léon Lalonde fait preuve d’être un auteur.
(Une épreuve.)

(…) un homme chaud comme une taupe à 3 heures du matin (…)
(Rien de pire qu'une taupe à 3 heures du matin...)

Le cassage de pieds l’a inspiré à devenir conducteur de taxi.
(Comme le cassage de jambes inspire à devenir Shylock.)

Il a l’œil astucieux d’un observateur professionnel.
(Nom: Regard dégourdi. Métier: Observateur.)

À tous les matins, il se lève en fin d’après-midi.
(C'est pas facile, vous essayerez !)

(…) sous l’effet d’une drogue comme la dope (...)
(Stupéfiant !)

La valeur d’Un Taxi la Nuit est dans l’équilibre : entre réalité et fiction, entre art et rapportage.
(Le rapportage d'angles.)

Le livre est une assemblée de ses vécus à bord d’un véhicule sans frontière.
(Bienvenue à l'assemblée des vécus !)

L’auteur éparpille ses idées sceptiques tout au long du livre.
(Il ne faut pas semer des idées sceptiques n'importe où.)

Il a presque la phobie de voir un saoul vomit dans son taxi.
(C’est le sujet de l’ivre.)

Lors des dialogues, l’auteur s’exprime à l’oral.
(Le lecteur n’a qu’à écouter entre les lignes.)

Ce livre est rempli d’aventure d’un taxi qui rencontre des gens.
(Bonsoir !)

J’ai passé par plein de games d’émotions.
(Il ne faut pas jouer avec les émotions.)

Cet auteur sait capturer ses lecteurs
(Un attrappe-nigaud.)

Plusieurs lecteurs ne sauront résister à la tentation de ne pas lire le billet intitulé « Hier, j’ai croisé Satan ».
(Plus on lit moins vite, moins on comprend plus vite !)

Il rêvait de voyager, une passion qui le poursuivait depuis longtemps.
(Ne te retourne pas; une passion te suit…)

Lalonde s’en croise une diverse variété de personnes.
variante : Il rencontre une panoplie de diverses personnes (...)
(Des personnes différentes, il va sans dire.)

Il explore le milieu de la musique underground et commence donc à être chauffeur de taxi.
(Erreur : l'underground mène à chauffeur de métro.)

Il a deux livres dessous la ceinture
(Lourdes, les couilles !)

Ce livre donne du temps à ralentir la vie.
(Ce n'est pas un presse-livre.)

Il décrocha ses études (…)
(Pour mieux les raccrocher ailleurs.)

Il rencontre plusieurs passagers différents et colorés : des saouls, des prostitués, des vieux, des racistes, des Américains, des Marie-Claire Blais, (…)
(Les Marie-Claire Blais sont les plus colorées.)

De différents récit tout en un avec aucune histoire qui se suivent est ce que ce livre est.
(Je dirais même plus, mais non.)

Les histoires au hasard nous font pensé à un journal intime de quelqu’un trouvé à terre.
(Le journal d'un robineux.)

Ceci n’est pas le jeux du hasard.
(Mais bien le fruit du casino !)

Le deuxième livre de Lalonde, Un Taxi la nuit tombe 2, (…)
(D’un ennui mortel ?)

C’est le moment de la journée où les gens ont pris un verre ou deux ou trop.
(J’en ai juste pris trop, monsieur l’agent…)

Lalonde est attiré par le métier de chauffeur de taxi parce qu’il aime s’assoire.
(Ça ne tient pas debout !)

Il est chauffeur de taxi et il le sait!
(Il sait tant de choses !)

C’est un livre extrêmement intéressant qui ne vous désoira pas.
(Ce n’est pas un livre désoirée.)

Lalonde est un excellent compteur d’histoire.
(Un compteur qui commence à 3,30$.)

Le taxi est sûrement un de ses meilleurs amis.
(Le taxi et le camion du laitier.)

Il tient à garder l’anonymité de ses clients.
(C’est une question de confidentialimat.)

(…) ça ajoute une touche d’humour et ça fait réfléchir à la foi.
(C't'une foi un gars...)

Ses clients sont la plupart du foi saouls.
(La vie de chauffeur de taxi n'est pas cirrhose.)



Et finalement, une des plus « cutes » :

On voit bien dans ses récits qu’il a le cœur au bon endroit : sur la main.



jeudi 4 juin 2009

Lali Lala Lali Lala Laliberté d'expression

La nouvelle ne l'est déjà plus et les jeux de mots les plus faciles qu'elle a inspirés ont tous été faits, alors la mise en situation sera rapide: Guy Laliberté se paye un voyage dans l'espace et tout le monde a son avis sur la question. Les blogueurs et les chroniqueurs de tout acabit se déchainent. Les avis sont partagés : certains y perçoivent là une contradiction avec ses œuvres humanitaires (dont One Drop) alors que d'autres n'y voient qu'une aventure inoffensive d'un milliardaire excentrique ou mieux, une sorte de résidence pour création.

J'ai beau essayer de raisonner, je ne sais pas quoi penser de cette non-nouvelle

Tout d'abord, je tiens à souligner que je n'ai rien pour les voyages spatiaux (ces missions trop souvent militaires qu'on cache sous une cape de recherche scientifique supposément essentielle à l'humanité) et que je n'ai rien contre Guy Laliberté. Le gars est riche et ressemble à Patrick Dion ? Grand bien lui fasse. En fait, pour être honnête, je m'en fous pas mal. Mais bon, on jase... Alors jasons.

A priori, il n'y a rien de méchant dans le voyage spatial de Laliberté, si ce n'est qu'il semble en contradiction avec ses œuvres humanitaires. Ce qui me surprend, c'est qu'il y en ait qui s'en surprennent : je ne connais pas d'environnementaliste qui ne commet de gestes qui vont à l'encontre de ses sermons. Ceux de Laliberté ne sont qu'à sa mesure.

N'empêche que plusieurs critiquent le geste, et plusieurs personnes le défendent.

De ce que j'ai lu ici et là, voici les 2 principaux arguments de la défense :

1- C'est son argent, il peut en faire ce qu'il veut.

Vrai. Sauf que cet argument appliqué à tout un chacun mène là où on est rendu aujourd'hui. On a l'argent, on achète ce qu'on veut, la planète se meurt.

2- La fusée décollera avec ou sans lui.

Vrai aussi. Même chose avec les Hummer, les couches jetables et le Cheez Whiz : si ce n'est pas moi qui l'achète, quelqu'un d'autre le fera. En choisissant de payer son voyage en fusée, il envoie un message clair : il y a des gens riches prêts à payer le gros prix pour aller dans l'espace. Et pas seulement un : il y en a un tas de millionnaires. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'on voie apparaître des vols spatiaux strictement touristiques et des forfaits «ne payez avant 2020».

Il demeure toutefois difficile de condamner Laliberté. Combien d'entre nous résisterions à l'appel d'une telle aventure si nous pouvions nous le permettre ?

Mais là où le débat devient plus intéressant, selon moi, est quand on le ramène à notre échelle.

On remplace la fusée par l'avion.
On remplace les millions par quelques milliers de dollars.
On garde l'état environnemental actuel.

Alors...

Peut-on permettre à tous ceux qui ont l'argent de voyager autant de fois par année qu'ils le veulent ?

Oui, les voyages instruisent et enrichissent. Mais le trafic aérien est, notons-le, une des importantes sources de pollution. Ce dernier émettait, en 2000, autant de gaz à effet de serre que la France entière. Bientôt, ce sera l'équivalent d'un pays pas mal plus gros...

En cette époque où l'Inde et la Chine auront bientôt les moyens de voyager en masse, où le réchauffement de la planète est à l'aube de menacer l'existence humaine, ces questions méritent d'être posées. Et j'ai bien peur que dans l'état actuel des choses, la réponse sensée quant à l'utilisation des avions et des fusées ne plaira à personne, même à moi qui ai fait ma part de voyages et qui espère bien en faire quelques autres avant ma mort.

Cependant, parions qu'aucune mesure ne sera prise parce qu'il y a et aura toujours les deux arguments ci-haut.

mardi 2 juin 2009

Attention, je vous écoute...

Entendu à la table voisine, au resto (en version originale anglaise):

« C'est un appartement à aire ouverte avec des murs entre les pièces. »

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jeudi 28 mai 2009

Habitude d'usure

Voilà. La session est terminée ! J’ai remis les notes finales. Certains jubileront, d’autres crisseront des dents et le laisseront entendre par courriel, habituellement pour tenter de me soutirer quelques points et pour me souligner, dans une vile et tardive tentative de séduction, à quel point ils sont prêts à travailler fort pour 5% de plus… Juste 5%... Syouplê… Come on… Vous êtes un bon prof… Votre cours était génial…

Soupir…

La partie de la job que je déteste.

Quelqu'un peut éteindre Internet après le 10 mai ?

Heureusement, il y a des moments de bonheur, des étudiants qui passent rapidement et d'autres qui restent, qui deviennent des amis.

Alors je continue, session après session, à enseigner une matière dont l’acquisition, sur 45 heures éclatées sur 15 semaines, est pratiquement impalpable. J'évalue après quelques heures ce qui met des années à pousser, un peu comme si on évaluait une course après le premier virage...

Et voilà que le collège m’invite pour souligner mes 15 ans d’ancienneté. Quinze putains d’années !

30 sessions ! Près de 4000 étudiants ! Déjà ? Comme pour confirmer la chose, sur la feuille d’invitation, au-dessus de mon nom, il est imprimé 1994-2009.

4000 étudiants dans un seul tiret.

La Directrice générale va me serrer la main et peut-être me remettre une petite broche plaquée or sur laquelle est gravée 15 years. Pendant la passation de cette marque de reconnaissance, un photographe assurera la postérité de cette sentence mesurée à termes.

Après, je reviendrai chez moi, referai le trajet pour la 3850e fois comme d'autres marquent le mur de leur geôle. Je pèse le mot. Après 15 ans, je n'ai plus aucune qualification pour faire autre chose.

Avant de monter dans la voiture, je secouerai mes jambes de pantalon pour en évacuer la terre. Ni vu, ni connu. Personne n’a encore trouvé le tunnel que je creuse à la cuiller sous mon bureau…

samedi 23 mai 2009

Votre appel est important pour nous...

J'ai amassé quelques perles dans les compositions de fin de session. Il me reste à les compiler, entre les (fausses) contractions, les préparatifs pour accueillir fiston, les petites rénovations et le palpitant quotidien. Mais j'y bosse, et dès que mes avocats me donnent le ok...

mercredi 20 mai 2009

Attention, je vous écoute...

Alors que nous roulions sur l'autoroute, ma petite constate qu'un nuage plus bas que les autres cache un partie du sommet du mont Saint-Hilaire.

« Oh non! Un nuage est tombé... »

Romane, 3 ans.

vendredi 15 mai 2009

Ça me va comme à Gand

Par le passé, j'ai été plusieurs années végétarien. Lacto-ovo, pour les initiés: pas de bœuf, pas de poulet, pas de poisson. Je trichais tout de même un peu en mangeant du fromage fait à l'aide de présure animale (que j'étais fou!) Cette façon de manger n'était pas tant par goût que par convictions écologiques.

Depuis, je suis tranquillement revenu à la viande mais encore aujourd'hui, je n'achète pratiquement jamais de viande rouge, si ce n'est que dans les restos français où j'ai de la difficulté à résister à l'appel de la bavette à l'échalote.

Mes années de végétarisme (et non de végétation!) m'ont ouvert à de nouvelles cuisines, à de nouveaux ingrédients. J'y ai entre autres découvert l'existence du seitan, que le tofu pouvait être très bon s'il était bien apprêté, et j'ai été initié à de la bouffe indienne entièrement végé (Un délice! Petite plogue: Pushap. À l'époque, il n'y avait qu'un Pushap à Montréal et mes cheveux blonds roux ne passaient pas inaperçus auprès des habitués de la place...)

Tout ça pour dire qu'encore aujourd'hui, ce qui motive mes élans végétariens - plus modestes - est l'environnement. J'ai toujours dit que si tout le monde cessait de manger de la viande ne serait-ce qu'une fois par semaine, la planète ne s'en porterait que mieux et l'effet d'entrainement - ainsi que l'ouverture à d'autres mets et d'autres ingrédients - aidant, plusieurs passeraient d'un jour par semaine à deux, puis trois... L'humain resterait un omnivore, mais un omnivore responsable. Un jour sur sept, pour les amateurs de statistiques, c'est près de 15% de moins de cochons tués, de bœufs qui pètent, d'odeur de purin à supporter...

Et voilà que Gand ouvre la voie!

Quand Montréal, voire le Québec tout entier fera-t-il la même chose?

Comme dirait un ami qui habite maintenant la Belgique: parfois, la vie est belge!

mardi 12 mai 2009

La Norme et moi (ou comment garder modeste l'énorme)

On en dira bien ce qu’on voudra, ce n’est pas toujours un atout de ne pas avoir une parfaite conscience de l’image qu’on projette. Ainsi, je suis toujours surpris d’apprendre que des lecteurs de ce blogue ne laissent pas de messages de peur d'y commettre des fÔtes. J’en profite donc pour ajuster le tir.

Côté rectitude linguistique, je ne suis pas aussi intransigeant que je le parais. Oui, je m’amuse des erreurs et des coquilles d’autrui (comme des miennes !) quand elles sont drôles, quand elles ont un double sens ou une profondeur invisible au premier regard (et même au second…)

Je considère le respect des règles orthographiques et grammaticales de base comme une politesse élémentaire envers les autres et soi-même telle l’est une bonne hygiène personnelle. Mais au même titre que cette dernière, corriger à tort et à travers peut être indicateur d’une pathologie psychologique et peut gêner inutilement. Par désir que tout sente bon, on ne vaporise pas son parfum sur tout un chacun sans risquer d’incommoder les gens et d’éveiller des réactions allergiques. Aussi, trop de douche et de savon rend la peau sèche et ride prématurément.

Toutefois, je pardonne mal le fait de sentir le petit canard à la patte cassée en situation formelle (comme sur un menu ou dans un curriculum vitae par exemple)…

N’empêche que souvent, quoi de mieux qu’une entorse au code syntaxique, l’abus de parenthèses (Hé ! Hé !), un néologisme ou une orthographe oralisante pour s’assurer que notre langue n’est pas encore momifiée ?… Il faut se souvenir que le dictionnaire est un portrait de la langue, et non le contraire, ce qui complique grandement ma tâche quand vient le temps d’enseigner la langue, j’en conviens.

samedi 2 mai 2009

Correction

- Je peux vous parler?

C’était Cecilia, une de mes étudiantes les plus appliquées cette session. Elle se tenait droite dans le cadre de porte de mon bureau. Dans sa main, quelques feuilles roulées qu’elle tenait trop fermement.

- Moui. Ça va, Cecilia?

- Pas vraiment. Je voulais vous parler de ma composition.

Elle m’a tendu le rouleau de papier tout chiffonné.

- Je voudrais que vous le recorrigiez.

Dans un concours d’impolitesse, Cecilia savait prendre les devants rapidement. Devant sa mauvaise humeur manifeste, j’ai choisi de passer outre.

- On peut regarder la correction ensemble, si tu le veux.

J’ai rapidement regardé la note : 85% avant les fautes.

- C’est pas mal, 85%, non?

- C’est parce que je n’ai PAS eu 85% mais 55%! 55% monsieur! C’est ri-di-cule. Mon travail vaut plus que ça!

- En effet, dis-je. Il vaut 85%. Mais tu as fait… laisse-moi regarder… 93 fautes! Compte-toi chanceuse qu’il n’y ait que 30% de la note alloués aux fautes! Selon moi, 93 fautes, ce devrait être un zéro automatique.

J’avais déjà eu ce débat avec des collègues. À mon arrivée au cégep, j’enlevais un pour cent par faute, sans limite. 100 fautes = 0% avant même d’évaluer le reste. Disons qu’après la surprise initiale, les étudiants se forçaient un peu pour ouvrir leur dictionnaire. D’ailleurs, à l’époque, une évaluation de moi sur Internet me traitait de «bitch» à la correction. J’en étais pas peu fier! Mais les collègues m’ont fait comprendre (lire : m’ont obligé à comprendre) qu’un maximum de 30% pour les fautes était la règle. Je suis encore convaincu que c’est un maximum ridicule et qu’un étudiant qui fait 120 fautes ne mérite pas la même note que celui qui en fait 30, et surtout ne mérite pas de passer un cours de français de niveau collégial (pas secondaire : collégial!). Mais non, on fait passer à 70% des étudiants qui ne savent pas chercher un mot dans le dictionnaire, qui accordent des adjectifs au pluriel en y ajoutant -ent…

- Oui, mais ma compo fait près de 900 mots. 93 fautes sur plus de 900 mots, ça signifie plus ou moins 90% de mots bien écrits, non?

Là, j’avoue que sa logique m’a scié.

- Ne joue pas à l’idiote. Tu sais bien que ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.

- En plus, il y a plein d’endroits où vous écrivez que ça ne se dit pas, que la phrase est anagrammaticale…

- agrammaticale.

- C’est ça je disais. Pourtant, j’ai montré les phrases à des amis, et ils les comprennent.

- C’est pour ça que j’ai écrit agrammaticale et non incompréhensible.

- Mais si vous comprenez, il est où le problème?

J’ai regardé derrière elle. Aucune caméra, aucun moustachu pour crier «Surprise sur prise!» J’ai soupiré.

- Pour ce que je vois, on a un problème d’intercompréhension et qu’il n’y a pas de problème avec la correction de ce travail.

- Oui il y en a un : c’est pour cela que vous allez le recorriger! Je ne suis pas au cégep pour avoir des notes de 55%.

Euh…

- En effet, tu es au cégep pour… (j’ai faussement hésité) …apprendre!?

- Et pour avoir ma bourse d’excellence!

Voilà, on y était. La bourse d’excellence comme objectif pédagogique. L’apprentissage devenait secondaire.

- J’avoue que ta note ne t’aidera pas dans l’atteinte de tes objectifs pédagogiques, ajoutai-je, un rien railleur.

- C’est pour cela que vous allez recorriger mon travail. J’ai travaillé plus que n’importe qui pour ce travail, ce n’est pas juste que j’aie 55%.

- Tu sais, Cecilia, un travail scolaire, c’est comme une compétition d’athlétisme : ce n’est pas nécessairement celui qui s’est le plus entrainé qui finit premier.

Mon étudiante semblait me trouver vraiment étrange avec mes analogies à la con. Elle a choisi de l’ignorer et de continuer sur un ton faussement compatissant.

- Mais en même temps, je ne suis pas bête. Je sais qu’avec tous les étudiants que vous avez, vous n’avez pas le temps de bien corriger tous les travaux que vous recevez.

Houla… Volà qu’elle m’accusait de bâcler mon travail, de tourner les coins ronds.

- Tu sais, Cecilia, si tu veux une nouvelle correction, il y a une façon de le demander. Je te laisse deviner comment mais je te donne un indice : ce n’est pas comme tu l’as fait ce matin. Ensuite, si tu crois qu’une révision de notes s’impose, tu peux en faire la requête, la marche à suivre est indiquée dans ton agenda. Jusqu’ici, tout ce que j’ai entendu, c’est une fille frustrée de recevoir une mauvaise note qui, malheureusement, reflète la qualité de son travail. Ma seule recommandation est de te reprendre au travail final.

Elle semblait à peine décontenancée.

- Mais… Je n’ai jamais, JAMAIS eu de notes aussi basses en français au secondaire.

- Donc ce n’est pas ma correction le problème, mais bien celle de tes profs au secondaire.

- Il faut dire que c’était facile au secondaire, le groupe était super faible.

- Je te laisse en tirer tes propres conclusions.

Elle m’a regardé d’un air un peu dubitatif, toujours avec des éclairs de colère dans les yeux.

- Je crois qu’on a fait le tour de la question, ai-je ajouté pour conclure la discussion.

- Non, vous allez quand même recorriger mon travail.

- Quand tu me le demanderas, je verrai si je le ferai.

Sa mâchoire est littéralement tombée au sol.

- Mais je vous le demande depuis 20 minutes!

- Écoute Cécilia : je te laisse là-dessus. Tu réécouteras cette conversation dans ta tête chez toi. Puis la semaine prochaine, si tu veux encore une recorrection de ton travail, tu me la demanderas. Sur ce, il faut que tu partes, j’ai du travail. Des corrections que je n’ai pas le temps de bien faire, justement.

Le cours suivant, Cecilia ne m’a pas adressé la parole. Elle était assise juste devant moi et a passé les 3 heures du cours à me fusiller du regard. J’étais un canard au stand de tir. Sorry, nice try but no toutou.

Aux dernières nouvelles, Cecilia se préparait comme jamais pour son travail final. Je lui souhaite de tout cœur un 90%. Et si jamais elle l’obtient, je suis sûr qu’elle se dira que j’étais un mauvais prof.

Le pire, Cecilia. Le pire.

mardi 21 avril 2009

Les Misérables

On parle partout de l'interprétation de Susan Boyle ces temps-ci. Vous avez probablement vu la vidéo sur Youtube. Sinon, allez la voir ICI, je vous attends.




Alors? Ça vous met la larme à l'œil, non? Son interprétation de la chanson «I Dreamed a Dream» des Misérables vaut le détour, hein? Le vilain petit canard qui devient un cygne?
Pourtant…

Sur le coup, c'est ce que j'ai cru aussi. Puis, j'ai relevé la garde.

Au-delà de ce public qui crie et applaudit à tout rompre sans réellement écouter Susan Boyle (quelqu'un peut me foutre dehors cette culture criarde et insupportable?), quelque chose en moi grimaçait. Et ça se déroule avant que madame Boyle ne chante.

Tout le monde (du moins c'est ce que laisse entendre la caméra), nous compris, se moque de cette femme. Parce qu'elle ne rencontre pas les critères de beauté de notre société, qu'elle semble avoir le double de son âge et qu'elle nous aparaît légèrement abrutie et peu dégourdie, imbue d'une assurance démesurée et ingénue.

Il y a quelques semaines, on discutait des enfants souffre-douleur dans nos écoles, de leurs insoutenables bourreaux, de l'exemple que ces derniers tirent d'on ne sait où. Et voilà cette vidéo. Une femme qui chante Les Misérables devant une salle comble de bourreaux, avec des caméras de bourreaux, regardée par des millions de bourreaux. Comme métaphore, on ne peut mieux!

Bien qu'elle remportera probablement le premier prix à Britain's Got Talent, Susan Boyle ne mérite pas de gagner; elle a chanté comme des centaines de jeunes femmes en sont capables. C'est plutôt nous qui méritons de perdre. Nous et nos préjugés préhistoriques. Nous et notre petit rire moqueur. Nous et notre soudain intérêt pour cette dame qu'on a depuis toujours rejetée.

La prochaine fois qu'elle montera sur scène, j'espère qu'elle nous crachera au visage.

Depuis le temps qu'on le mérite.

jeudi 9 avril 2009

La Tague littéraire

J'ai toujours détesté jouer à la tague, et les tagues sur Internet, encore plus. Depuis le temps que je traîne sur le web, les gens commencent à le savoir et ne me la refile plus. Celle-ci, cependant, je prends la liberté de me la donner. J'ai lu avec grand plaisir les réponses des quelques blogueurs qui y ont répondu. Alors je me prête à l'exercice…

1. Plutôt corne ou marque-page ?

Je corne. Je marque-page. J'écartèle aussi. Je suis le bourreau des livres. Je n'ai pas de pitié pour les objets, aussi livresques soient-ils. J'aime les choses et les gens qui ont du vécu, des cicatrices, les dents jaunes. J'aime bien aussi les livres qui portent la marque d'autres lecteurs, comme des notes dans les marges, ne serait-ce que pour les trouver cons (ou géniaux!).

2. Un livre en cadeau ?

Mais qu'est-ce cette question? J'ai beau essayer, je crois que je ne pourrais être ami avec quelqu'un pour qui le livre ne peut être un cadeau.

3. Lis-tu dans ton bain ?

Nah. J'aime pas avoir les mains hors de l'eau et je ne connais pas de livre qui lévite…

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Oui. C'est pas une surprise pour personne. Avec un peu de chances et beaucoup de travail (j'en suis aux corrections), il y en aura un premier bientôt…

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Tant que ce n'est pas une sauce qu'on étire ou une recette répétée à des fins commerciales, je ne vois pas le problème. C'est quand même mieux qu'un condensé du livre dans les Sécrétions de lectures indigestes…

6. As-tu un livre culte ?

Oui. Des livres auxquels je retourne quand j'ai perdu confiance en l'humain, que j'ouvre au hasard, que je lis deux minutes ou pendant des heures. Je ne nommerai qu'un titre (parmi tant…) parce qu'il n'est malheureusement plus disponible (depuis 20 ans…): Apparence de Jacques Boulerice, mon initiation à la nouvelle et à la poésie, le livre qui sert encore aujourd'hui d'inspiration pour les textes plus littéraires de ce blogue.

7. Aimes-tu relire ?

Peu. Ça me lasse. Sauf pour la poésie. Là, j'y reviens toujours. Comme pour un dictionnaire, mais pour les émotions.

8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

C'est comme rencontrer un grand athlète. J'y vois peu d'intérêts. Soit ils sont décevants, soit ils sont trop impressionnants. Quand j'en rencontre, ensuite, immanquablement, ça teinte mes lectures. Je déteste.

Malgré cela, mes intérêts, mon boulot, ce blogue et mes anciennes habitudes alcooliques m'ont amené à en côtoyer quelques-uns qui sont aujourd'hui de très bons amis.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?

Oui et non, je ne sais pas. J'adore en entendre parler. Mais en parler… J'ai la digestion trop lente pour éructer de bonnes réflexions immédiatement après une lecture.

10. Comment choisis-tu tes livres ?

Premièrement: la couverture. Je suis attiré par les couvertures blanches et sobres comme celles de Leméac, de POL et de Septentrion - Hamac. Trop de couleurs me rebutent. Les couvertures de best-seller anglo-saxons me lèvent le cœur.
Deuxièmement: le titre.
Troisièmement: la première page.
Quatrièmement: si le livre passe avec succès toutes ces étapes, je m'en remets au hasard et je lis une page au centre du livre, n'importe laquelle.

Mais avant tout cela, j'avoue me laisser influencer par les critiques littéraires. Chantal Guy, entre autres, me ferait lire Harry Potter si elle en parlait en bien…

11. Une lecture inavouable?

Je ne vois pas laquelle. J'assume tout.

12. Des endroits préférés pour lire?

Nah. Partout me va: bar, balcon, bibliothèque. Sauf dans les autobus. Ça me donne le mal du transport (je sais, ce n'est pas fort pour quelqu'un qui a lu des livres sur un voilier en plein cœur de l'Atlantique… Question de paysage, j'imagine).

13. Un livre idéal pour toi serait ?

Avec de pages.

14. Lire par-dessus l’épaule ?

Non. Par pur égoïsme. Je n'aime pas partager mes lectures quand je lis. Ce sont MES mots ou TES mots. Pas de garde partagée possible ici.

15. Télé, jeux vidéos ou livre ?

J'avoue ne pas être très jeux vidéo. Sinon, euh… Je suis livre ET télé.

16. Lire et manger ?

C'est quoi le problème (sinon pour Dame V)?

17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Silence ou bruit, mais pas de musique. Sinon, c'est comme imposer une trame sonore à un film. Et s'il y a de la musique, il ne faut pas que les chansons soient en français, sinon c'est imposer un texte au texte... L'anglais me dérange pas. Mon cerveau ne le distingue pas de la bombarde, alors…

18. Lire un livre électronique ?

Je ne sais pas, je n'ai jamais tâté le livre électronique. Mais je serais tenté de dire papier. Pour l'odeur, la texture, l'illusion d'une plus grande permanence.

19. Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?

Non. Je n'ai aucune misère à abandonner une lecture qui m'ennuie. Il y a trop de trucs à lire pour m'emmerder avec un livre. Je pose alors le livre sur la pile des inachevés (elle est haute!) Parfois, après plusieurs années, je reviens à une lecture ennuyante et je me surprends à la trouver incroyablement forte… je ne suis pas toujours prêt voire mûr pour tout affronter.

20. Qu’arrive t-il à la page 100?

S'il arrive quelque chose de spécial, je soupçonne la recette et je deviens méfiant…

21. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi?

Voir question deux.
Je ne donne pas de livre à un ennemi. Je ne tiens pas à l'instruire.



Voilà. Je ne donne la tague à personne. Je la laisse ici. Prenez-la si elle vous intéresse…