mardi 12 juillet 2005

Petite monnaie

À l’épicerie, à la fruiterie, à la pharmacie, au dépanneur, que des cons aujourd’hui. Ou des clientes qui tiennent à payer avec leur petite monnaie enfouie au fond du sac à main. Ou des vieillards qui échappent leur dix sous dans les chocolats devant la caisse... et qui le cherchent. Sans compter les lois de Murphy confirmées côté tartine, les amis qui ont promis d’appeler et qui n’appellent pas, le lacet de ma chaussure qui se casse au ras l’oeillet, l’ampoule qui grille dans la garde-robe, le voisin du dessous qui grille des sardines pourries sur son bbq, le souvenir du Pérou qui me rapelle que je ne suis jamais allé au Pérou…

Voilà deux jours que je nage en plein blues furieux. Bleu et furieux. Pour rien. De même. Gratis. Je serais une fille que je saurais venu le temps des isolants, mais non; vérification: garçon. Peu importe où je regarde, je trouve tout con, tout laid, même la boîte des nouveaux Mini-Wheats à saveur d’érable me tape sur les nerfs; ses caractères dorés et boursouflés lui donnent des airs de best seller américain. Et ça ne goûte même pas l’érable. Même pas les biscuits feuilles d’érable. Tout juste bons à berner des touristes européens. Et ils sont chiches côté givrage, Kellogg. Font chier. Les fibres, j’imagine.

De son côté, Dame V a passé la journée alitée. Nous sommes restés à son chevet, mes blues, mes humeurs et moi. Un peu plus et elle se serait cru à l’hosto soignée par une infirmière à vingt minutes de la retraite. Ce soir, elle va mieux, sans doute parce qu’elle ne veut pas passer un jour de plus avec nous.

Pour passer le temps, je maugrée du divan à la porte d’entrée où j’espionne les passants. Incroyable comme les gens sont affreux et sans goût et mal proportionés. Et quand j’en vois des beaux, ils ne me font que doublement chier. Être un autre j'en serais point épargné: je me ferais vomir dru en plus de me faire penser qu’il faudrait bien que j’aille lever du métal question de brûler tout ce houblon qui me tend la peau du ventre. Mais il fait chaud. Insupportablement chaud. Une météomadame trop maquillée m’a assuré que ce n’était même pas un record. La conne.

Il y a des jours qui insistent pour te payer avec leur petite monnaie.
Ces jours-là, je ferme.

Demain, j'ouvrirai plus tôt, je fermerai plus tard.

Demain, je roulerai la monnaie et l'échangerai contre une bière.
Ou deux.

11 commentaires:

  1. Envie d'un gros bol de céréales ce midi , miel et avoine; plus de lait, fait chier... vite au dépanneur. Mais bon, y'a pire... Parlant d'amis qui ont promis d'appeler.... J'ai un remède contre le blues pour toi, côtoyer des gamins en extase devant des canards et ballons en plastique à la pataugeuse. C'est du bonbon. Si t'as la dent sucrée... viens faire un tour.

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  2. Hey ben dis donc! Je cherche les dernières traces de cheerleader en moi, mais je pense qu'elle est en grève cette facette-là de moi. Suis pas la mieux placée pour remonter le moral... Tu dois avoir besoin de vacances (!).
    Aux dernières nouvelles j'ai encore une solution maison pour la chaleur, et même pas besoin de rouler de la monnaie (pfff! no comment!). Et j'ai ri en lisant: «Je serais une fille que je saurais venu le temps des isolants, mais non; vérification: garçon.» Comme quoi y'a de l'espoir, tu me fais encore rire pour n'importe quoi!
    Prompt rétablissement à la Dame... et ma foi courage. C'est pas tous les jours qu'on endure un mec en SPM!!!
    (Mais quel commentaire insipide... je vais aller rouler ma monnaie! )

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  3. C'est une blague le truc de Vivie ou la possible compréhension du sérieux ds sa proposition est quelque part dans la partie du 46e chromosome que nous, Hommes, n'avons pas?

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  4. ça pas rap, mais...
    Tabouère!
    Mike Tison écrit vraiment comme Mike Tyson!
    (Ce ne peut qu'être Lui)
    J.R.

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  5. Ca s'appelle pas le blues des vacances du prof ce que tu décris...

    me semble que je commence à ressentir la même chose, que mes murs sont plates à regarder, que je pourrais faire plein de choses palpitantes, mais je n'ai pas le goût, ou pas assez de petit change dans mes poches.

    Est-ce que ça se peut s'ennuyer de travailler... batinsse, je dois vraiment commencer à vieillir !

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  6. On ne se couche pas pour se reposer mais pour espérer un lendemain inconnu. Et pourtant.

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  7. Hahaha ! Merci Julius !

    Mais y a des soupes viets qui remontent le moral des autres aussi...

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  9. Ça doit être dans l'air. Je me nourris d'infâmes Mini-Wheats ; pour les rendre mangeables, je dois les noyer dans le lait. Puisque ma vache s'est inexplicablement tari hier matin, j'ai dû couper avec de l'eau. Voir toute cette fibre nageant dans ce liquide ternement blanchâtre m'a soulevé le coeur. Depuis, j'ai aussi les «blues furieux». Ça doit être dans l'air : il fait trop beau pour être heureux. Bon courage...

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  10. Remarque : La syndication de ton site n'est plus possible (du moins, pour moi) à cause de ce bout du texte «Petite monnaie» :

    je maugrée du divan à <_st1:city st="on"><_st1:place st="on">la porte<_st1:place><_st1:city> d’entrée...

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  11. Quand je t'ai connu Dan c'est toi qui remontait le moral à Bimbo tu te souviens? Je ne sais pas si elle le ferait pour toi aujourd'hui. En fait, elle aussi on la trouvait conne, mauvais exemple. Cependant ça fait 18 ans que je t'appelle le 1er mai c'est déjà bon suis-je une conne aussi?

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