jeudi 25 octobre 2007

Mon Globe terrestre

Petit, j’aimais passer ma main sur la surface de mon globe terrestre à relief. Du bout des doigts, je visitais des pays roses, jaunes et verts, je faisais le tour du monde, je rêvais en couleurs. Je cherchais la bosse la plus haute de l’Himalaya et je sentais alors tout le ridicule des petites enflures usées de mon coin de planète. Au fil des années, j’ai si souvent caressé du doigt le Tibet qu’il en a perdu sa couleur. J’avais un peu le doigt chinois.

Quand je touchais ma sphère, je me disais qu’un jour, j’irais partout. J’irais dans des pays de toutes les couleurs. J’irais là où des hommes pauvres savent survivre alors que des Occidentaux doivent se faire vacciner et s’entraîner des mois durant avant d’y faire un tour. Je voulais fouler du pied les sommets que je caressais du doigt. Je voulais voir s’il y avait vraiment un clou au Pôle Nord. Je voulais voguer sur le mot Atlantique. Je voulais constater que la planète était grande, contrairement à celle de ma bibliothèque, contrairement à celle du Petit Prince, ridicule avec ses petits volcans et sa fleur.

Ce globe terrestre m’a appris que le monde était plein de couleurs. Il m’a surtout appris que les pays sont rarement de la couleur qu’on se les représente, et que les enflures ridicules ne sont pas toujours là où on le croit.

6 commentaires:

  1. Tant que les enflures ne visent pas plus bas que la ceinture.

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  2. Excellent retournement de morale! Bravo! Merci aussi pour le souvenir du globe et de ses pays pastels

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  3. Vrai.
    J'aime tellement vos écrits... Mes élèves aussi. Merci!

    En passant, ma soeur est la doc de votre douce. Le monde n'est pas si grand que cela quand on y pense...

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  4. Je me hausse et j'opine de vous lire... moi qui tourne et retourne en rond dans mon sillage : je me tire d'une blague dans la tête et vous félicite en un mot : continuez.

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  5. Grand bonjour d'un petit pays sur le globe, tout plat en plus, même qu'on en a fait une chanson. Je vous lit depuis un petit moment, et ce matin ce texte me frappe, sans doute à cause de son petit goût d'actualité.

    En tout cas, chapeau la plume, j'adore vous lire, moi qui chante parce que j'écris à peine...

    Miss Zaza, de Belgique

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