samedi 18 juin 2005

Un Mercredi midi à la taverne du coin

Pour le collectif Coïtus impromptus

Il y a Tony, l’aubergiste un peu moody, qui appelle tout le monde capitaine avec un accent italien qu’il a lui même inventé, et qui soustrait toujours dix pour cent de l’ardoise des amis, parce que c’est comme ça. Il y a Pierre, qui a un nez rouge et enflé et plein de trous, un nez impossible comme dans les bandes-dessinées de mon enfance et qu’on disait que ça se peut pas, mais qui bat tout le monde au billard en jouant une main dans le dos. Il y a Gaétan, qui marche en code morse depuis un accident de travail, un petit pas, un long, un petit... Depuis, qu’il boite, il boit, toujours assis sur le même banc. Il y a Fabrice, le Français qui est québécois depuis quarante-huit ans, cinq mois et trois jours aujourd’hui - on le saura -, qui fume des bouts de manche à balai qui sentent une Afrique où tout le monde sait bien qu’il n’a jamais mis les pieds, malgré ce qu’il peut dire. Il y a Mimi, qui a perdu un peu de sa beauté depuis qu’elle a pris son premier verre ici il y a de cela deux ou trois vies, mais qui a encore tout son charme. C’est aussi elle qui a la voix la plus grave de la bande. Il y a le petit Raymond qui s’endort immanquablement au cinquième pichet. Il a le gros Bill «Bud-lightyear», qui ne parle jamais sauf pour dire «Pis, à part de d’ça?». Il y a Pat, qu’on appelle Rainman parce qu’il connaît toutes les statistiques depuis 1452 dans tous les sports professionnels nord-américains. Il est le seul à pouvoir obtenir la pointe de tarte rose dès la première question à Quelques arpents de pièges. Il y a Sperm, dont on n'a jamais su le vrai nom et qui refuse de dire d’où vient son surnom. Il y a Disco-Dan, qui fait un jeu de mots avec n’importe quoi et son chien, mais surtout avec n'importe quoi. Il a gardé les cheveux et le médaillon qui lui ont apporté tant de succès en 1977. Et il y a moi, qui ne changerais cette bande de has-been pour rien au monde, car ils sont mes amis.

3 commentaires:

  1. Ah mais, sans les succulentes annotations, ces perles seraient tout justes bonnes à donner aux pourceaux.
    "J'ai lu un roman sans narration une fois: bof!"
    Je suis vraiment morte de rire :)

    RépondreSupprimer
  2. Hum, désolée, c'est la première fois que je "poste", et comme de bien entendu je me suis plantée...
    D'habitude je lis sans faire de commentaire, et finalement, je devrais sans doute conserver mes bonnes habitudes. Mais, tant que j'y suis, j'en profite pour vous dire que j'aime beaucoup vos histoires, tendres et droles. Ca me donne envie de visiter le Québec, tiens!

    RépondreSupprimer
  3. S'il connaissait toutes les statistiques sportives, il était donc le premier à gagner la pointe orange. Tarte, va! Moi aussi je t'aime! ;-)

    RépondreSupprimer