mardi 12 mai 2009

La Norme et moi (ou comment garder modeste l'énorme)

On en dira bien ce qu’on voudra, ce n’est pas toujours un atout de ne pas avoir une parfaite conscience de l’image qu’on projette. Ainsi, je suis toujours surpris d’apprendre que des lecteurs de ce blogue ne laissent pas de messages de peur d'y commettre des fÔtes. J’en profite donc pour ajuster le tir.

Côté rectitude linguistique, je ne suis pas aussi intransigeant que je le parais. Oui, je m’amuse des erreurs et des coquilles d’autrui (comme des miennes !) quand elles sont drôles, quand elles ont un double sens ou une profondeur invisible au premier regard (et même au second…)

Je considère le respect des règles orthographiques et grammaticales de base comme une politesse élémentaire envers les autres et soi-même telle l’est une bonne hygiène personnelle. Mais au même titre que cette dernière, corriger à tort et à travers peut être indicateur d’une pathologie psychologique et peut gêner inutilement. Par désir que tout sente bon, on ne vaporise pas son parfum sur tout un chacun sans risquer d’incommoder les gens et d’éveiller des réactions allergiques. Aussi, trop de douche et de savon rend la peau sèche et ride prématurément.

Toutefois, je pardonne mal le fait de sentir le petit canard à la patte cassée en situation formelle (comme sur un menu ou dans un curriculum vitae par exemple)…

N’empêche que souvent, quoi de mieux qu’une entorse au code syntaxique, l’abus de parenthèses (Hé ! Hé !), un néologisme ou une orthographe oralisante pour s’assurer que notre langue n’est pas encore momifiée ?… Il faut se souvenir que le dictionnaire est un portrait de la langue, et non le contraire, ce qui complique grandement ma tâche quand vient le temps d’enseigner la langue, j’en conviens.

28 commentaires:

  1. C'est vrai l'abus de parfum et d'orthographe peut-être nuisible.
    Doukipudonktan?

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  2. Ah! Zazie!
    Merci du rappel. J'étais largué.

    Tout est là, du parfum à la déviation de la norme.
    Skeujéditaleur!

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  3. Je parfumerai donc mon papier à lettre, un peu, pas trop, et je m'habillerai sans fautes, voilà.

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  4. « on ne vaporise pas son parfum sur tout au chacun »

    Y'a une petite faute là, je suis sûr que tu ne m'en voudras pas de la pointer! ;)

    Sans blague, je suis bien d'accord avec ton propos. J'encourage tout le monde à se procurer un programme de correction, ça permet de s'améliorer et surtout, de corriger les fautes de frappe, d'inattention, les plus viles.

    La faute qui m'énerve le plus, c'est quand on mélange le verbe en « er » à l'infinitif et sa forme au participe. Le truc de le transformer pour voir ce que ça donne avec un verbe en « ir », par exemple, est tellement facile!

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  5. Par curiosité.

    Le style grammaticale d'un texte peut-il dépendre de sont contenant? Ce que je veux dire par là c'est; est-ce que selon le médium de diffusion les règles peuvent changer. J'entend un peu comme un poème qui n'a pas de point à la fin des lignes ni de majuscule au départ. Est-ce que l'internet et les blog peuvent avoir leurs propres règles grammaticales. La sur utilisation des parenthèses par exemple.

    Merci.

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  6. Ah, je suis content. Je peux maintenant laisser des messages.

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  7. est-ce bien sur tout au chacun? Malgré mon âge avancé... il me semble que l'on disait - tout un chacun.... je me corrigerai alors ... beaucoup de plaisir à lire ces remarques sur le français appris à force de dictées et de dictées..J'aimais tellement l'école.

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  8. Renart : merci de la correction. Je ne sais pas d'où sort ce «au»;

    Lys : En effet. D'ailleurs, dans le modèle de la communication de Roman Jacobson, le contexte chapeaute tout acte de communication, et le contact (la liaison matérielle et psy entre le destinateur et le destinataire) est aussi importante. Alors... euh... j'arrête mon cours là;

    Éric: Bienvenue!

    Anonyme : Ce n'est pas une question d'âge (sinon pour mes absences qui me font écrire «tout au chacun»);

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  9. Bon puisqu'on en parle, faut dire 'je file mal' ou 'je feel mal'... (nous n'avons jamais terminé cette discussion entamée il y a trois ans! :o) )

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  10. Ha! Ha!

    Selon moi, l'expression peut nous être venue de filer (se dérouler de manière égale et continue - comme: filer le parfait amour). Je ne serais pas surpris d'apprendre que cet usage, assez ancien (dico? où es-tu), serait la source du mot anglais «feel».

    On peut aussi voir un certain rapprochement avec l'expression «filer un mauvais coton», expression du 19e qui s'applique autant à la santé qu'à des ennuis d'ordre matériel.

    En bref, ça me semble correct. Qu'aujourd'hui on y voie un anglicisme est tout simplement une sur-correction je crois (comme les gens qui disent «"roader" sa voiture (ou un spectacle)» plutôt que roder, qui est parfaitement français.) Par crainte de l'anglicisme, on voit de l'anglais partout, même où il n'y en a pas.

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  11. «Le dictionnaire est un portrait de la langue, et non le contraire.»

    C'est exactement ce que je me tue à répéter à ceux qui persistent à trop corriger sous prétexte que «ce n'est pas dans le dictionnaire».

    Ce billet fait plaisir.

    Vieux billet connexe : La loi de Muphry

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  12. Chu tellement content genre que tu aies précisé, pasque là, je me sens plus à l'aise d'écrire icitte.

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  13. Raton: D'ailleurs, les «petits» (genre: Petit Robert ou Petit Larousse) recensent quoi? la moitié? le tiers des mots de la langue?

    Dany: S'ta toé que j'pensait en écrivan se biais.

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  14. Raton: Intéressante, cette loi de Muphry (sic!) Je ne connaissais pas. J'adore!

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  15. Tiens, je suis tombée par zazar sur un remarquable essai de traduction de Proust en SMS chez echolaliste
    http://www.echolaliste.com/sms.htm

    "lgtps, j m ss kouché de b0nn hr. parfoi, @ pein m bouji éteint, mes yeu ce ferméent si vite ke j' n avé pas l tps d mdir : « J m endors. » é, un demi-h apr, la pensée qu il été tps 2 cherché l' someil m éveyét ; g voulai pozer le v0lum k G cr0yai av enc dan lé m1 è soufflé mi lumière ; j n avais pas sessé en d0rman 2 fère des réflexion / ske jvenè de lire, mé c réflexion avé pris in tour 1 peu particulié ; y m semblè qu j ets mw-mm ze don parlèt l ouvraj : 1e églize, 1 katu0r, la rivalité de Françoi Ié è 2 Charles kint. set croyanse survivè pndnt kelke sekondes à m réveil"

    Fo reconaitre que sa cr1 du boud1!

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  16. Les français de France n'utilisent pas cette expression "je file mal", je ne l'ai jamais entendue. Est-ce venu de l'ancien français oublié en France ou une influence de l'anglais ? Les aller retour entre les deux langues sont nombreux. Nous utilisons largement roder une voiture ou un spectacle, érosion, rodage, corroder, corrosion c'est du bon français il me semble, écrire "roader" c'est croire abusivement à une origine anglaise. Au fait road ça ne vient pas de route… ?

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  17. Filer mal (ou bien) vient probablement de filer: aller droit devant, en ligne droite et très vite. Ex: une voiture file à vive allure, un navire file à 20 noeuds, le temps peut filer aussi. Ainsi, ce qui file mal ne se déroule pas aussi bien que ce qui est supposé.

    Plusieurs usages québécois dérivent(!) d'usages maritimes tels que embarquer, débarquer, virer, etc. Filer en serait-il un de plus?

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  18. On peut tu lire sans laisser de commentaire? (et peut-on utiliser cette formule que j'affectionne même si elle est étrange, de rajouter ce "tu" qui ne sert ma foi à rien, après un verbe?)

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  19. Ov courze que tu peux-tu!
    (et le «tu» sert de point d'interrogation! Et je le trouve bien bidonnant avec le nous et le vous - genre «Monsieur, vous voulez-tu que...» que j'entends parfois de mes étudiants. Mais c'est pas parce que je ris que c'est drôle.)

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  20. Comme je disais à mon fiston:
    "-Tu peux jurer tant que tu veux, à la seule condition de te forcer de parler un français impec!"
    Quand qu'on, ça la, sontait, maique,y jouzent,si y'aurait et faullait se méritent tous 20 push-ups chacuns!

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  21. Est-ce qu'il parle bien aujourd'hui ou est-il seulement musclé?
    :P

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  22. Une question : est ce que ça n'arrive qu'à moi de prendre l'habitude de voir les mots écrits de manière fantaisiste et si souvent que j'en perds mon latin et que je suis obligée de vérifier dans le dictionnaire ?

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  23. Barnioc: il faut voir un prof chercher dans le dico les mots les plus simples après une vingtaine de compos...

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  24. sans compter que plus on lit en anglais, plus on se pose des questions sur l'orthographe des mots français, genre "adresse", un "d" ou deux "d"...
    (signé) une traductrice qui passe son temps dans le dictionnaire et qui fait encore des fautes

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  25. comment ça se fait que quand j'ai cliqué sur le titre du blogue, je suis "tombée" sur un article de mai au lieu de sur l'article le plus récent?!?!?!

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