lundi 4 décembre 2006

Patricia

Depuis le début de la session, Patricia vogue de creux en crêtes, ses présences et son assiduité aussi cyclothymiques que volatiles. Visiblement, le cégep avait apporté un lot trop lourd pour ses frêles épaules d'adolescente.

Dans mon cours, l’entrain de Patricia s’est évanoui très tôt. En plus de ne pas être présente à tous les cours, elle remettait ses devoirs en retard, visiblement faits sur le coin de la table, et il en émanait toujours cette odeur d’essence propre au monde des pompistes, son travail de nuit. Chaque fois, elle s’en est excusée, le menton sur la poitrine, les yeux dans une flotte que je ne savais sincère ou actée. Chaque fois, je lui ai pardonné, enlevant quelques points ici et là, pour le retard, pour la forme. Je me disais qu'à 17 ans, subvenir seule à ses besoins ne devait pas être une sinécure tous les jours. Je me disais que certains ne l'avaient pas facile.

Cette semaine, derniers cours, derniers examens, derniers spectacles du clown devant spectateurs. Vendredi dernier, Patricia m’a écrit un courriel demandant ma bénédiction pour une dernière absence, une autre, question de pomper de l’essence, question de joindre 2 bouts qui lui semblaient irréconciliables. Elle pouvait faire l’examen jeudi, à Noël ou à la Saint-Sylvestre, mais là, le patron avait besoin d’elle et elle, d'argent. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas accepter, puis j’ai ajouté une histoire de dernier effort, d’élastique cassé, de deuxième, troisième, dixième chance usée. Peut-être était-ce l’humain dans le prof qui s’usait, je n’en étais pas sûr… Pour me rassurer, je me suis dit qu’elle bluffait, et j’ai misé sur son sens des responsabilités.

Ce matin, Patricia n’est pas venue au cours.

Patricia n’aura pas un diplôme à rabais, elle ne passera pas mon cours en faisant la moitié des examens et des travaux, elle ne pourra dire à ses amis : prenez le cours de Rondeau, c’est trop facile…

Non, Patricia ne l’aura pas eu facile.

Et justement pour ça, le prof consciencieux que je suis a un peu de mal à fermer l’œil ce soir.

33 commentaires:

  1. Dors Daniel...

    Même si pour la jeune en question la tuile est ennuyeuse, elle et tous les autres ont encore plus besoin d'apprendre que les limites et les conséquences existent....

    Et encore plus encore...d'un prof rigoureux.... et sensible.

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  2. Vous avez donné vos cours de votre mieux. Il me semble que vous n'avez pas à vous sentir coupable de ce que la société dans laquelle vous vivez n'ait à offrir à certains de ses jeunes que ce type de situations d'étude.

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  3. J'imagine que du point de vue du prof, c'est juste et équitable...

    J'imagine que du point de vue de l'étudiante, c'est injuste...

    Et j'imagine que de recroiser cette même étudiante, des années plus tard, toujours collée à une pompe d'essence... ça doit laisser un goût amer aux deux protagonistes...

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  4. Et ben l'ami...
    Je crois qu'il n'y a qu'une seule façon de régler ces dilemmes dans notre métier, c'est d'écouter ses trippes. En même temps, quand on est trop humain on se fait manger la laine sur le dos. Pourtant, le sacro-saint insstinct ment rarement.
    Je te soupçonne de ne pas avoir écouté le tien si tu as eu du mal à dormir.
    Allez, câlin. T'as fait ta job! Elle va s'en remettre, c'est un cours de cégep!

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  5. même sentiment, comme toujours.

    ô comme je comprends ton âme torturée
    par ces affreux tourments, moi-même dévasté !

    (scusez les mauvais vers, je suis dans le romantisme...)

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  6. Bon bon bon...
    Tout le troupeau dans le même sens.
    Ne peux m'empêcher d'y mettre ma graine de sel :
    ----------------------------
    C'est super chien!
    C'est justement rien qu'un cours de cégep.
    Anyway, sa note (à rabais) aurait été de 58%, oups, je veux dire 60%, non?
    Pis lire, à kossassert?


    Passera-t-elle sa vie pompeuse ou pompée à cause de vous?


    Saura-t-elle être finalement aimée?

    Votera-t-elle ADQ?
    (Ou Harper, alors nouveau chef du PLQ?)
    -----------------------------

    J.R.

    Ben non, c't'une joke plate.
    Faisons payer les bêtes!
    Profs du monde entier, unissez-vous!

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  7. C'est dur, mais si on se met à laisser passer tout le monde sur un élan du coeur, le DEC ne vaudra plus grand chose (déjà que...).

    Pour me conforter dans mes positions, quand je passe prêt de céder au chantage émotif de mes étudiants, je me rappelle mes exclamations de débuts de session : « Voyons ! ça a pas de bon sang ! Qu'est-ce qu'il fait en 102, lui ! On dirait de l'espéranto !». Et puis la gêne, quand tu croises un collègue qui te dit : « J'ai tel dans ma classe, il m'a dit qu'il était avec toi, à la dernière session »... quand tu sais que tu lui as donné 60 % pour ses beaux efforts en espéranto.

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  8. Pas d'accord (pour faire changement). C'est le genre de situation dont tu te souviens jusqu'à la fin de tes jours. Surtout venant de quelqu'un qui essaie de s'en sortir. Comment peut-on espérer ensuite sortir du cercle vicieux ? Et on se demande ensuite pourquoi la pauvreté engendre la pauvreté.

    Mais je ne porte pas un jugement de valeur sur toi mon chéri ! J'imagine que vous devez plus souvent qu'autrement vous sentir dépassé par tout ça et ne plus savoir comment réagir. "Si on en laisse passer un, on en laissera passer deux et ainsi de suite." Pas évident, pas évident du tout.

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  9. Je connais le frère de Patricia. il s'appelle Frédéric et, d'absences en retards, de manque d'enthousiasme en travaux non remis, il a testé ma patience jusqu'à ses limites pendant toute la session. En fait, je l'aimais bien. Il a quand même frappé un mur, hier, lorsque j'ai dû lui refuser la reprise de la dissertation finale, qu'il avait ratée pour des raisons nébuleuses.

    Tout ça pour dire que certains étudiants ont besoin de frapper un mur pour comprendre, ça fait partie de leurs apprentissages dans notre cours...

    Dure épreuve de réalité pour eux et... pour les profs consciencieux!

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  10. Pat, je ne suis pas sûr que laisser l'étudiante passer la sortira du cercle vicieux. Au contraire, le travail prendra alors de plus en plus de place. Et moi, en tant que prof, je devrai faire des horaires personnalisés à chacun. Imagine: 140 horaires perso... Sophie remet son travail le 14, Dominique le 16, Sean fait son examen le 22...
    Et puis, comment juger de la pertinence du travail de chacun? Patricia travaille pour se nourrir (qui me dit qu'elle n'a pas dépensé son argent de la semaine passée en tournée au bar samedi soir?), mais lui travaille pour payer son auto et son téléphone cellulaire (luxe nécessaire?), sans compter celui qui prétendra travailler pour pouvoir remettre son travail de session plus tard que les autres... Je fais la coupure où? Sous quels critères? Je deviens sévère après combien de chances? Pourquoi serais-je conciliant alors que leur patron ne l'est pas? Où est la frontière entre le bon et le bonasse? Suis-je cruel ou juste?

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  11. Questionnement pertinent s'il en est mon cher. D'où mon deuxième paragraphe. Il doit être très difficile de tracer la ligne. Et c'est ce qui est moche. Parce que pour 30 étudiants qui exagéreront, un seul aura besoin du coup de pouce. Et c'est celui-là qui pâtira. C'est ce que je disais: Pas évident du tout. Et avoue-le, tu t'en souviendras de Patricia.

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  12. En effet, Pat, j'avais bien lu que tu saisissais tout le problème.

    Je vais me souvenir de Patricia... et des 29 autres parce que je ne saurai peut-être jamais lequel d'entre eux a vraiment besoin de ma clémence!

    J'aurais dû faire horticulteur...

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  13. Démétan,

    Vous avez fait ce que vous aviez à faire. Même si c'était dur.

    Ce cours de littérature, elle le reprendra quand elle pourra le suivre, pleinement. Avoir réussi votre cours aurait été pour elle comme trouver une surprise au fond d'un sac de chips : on sait même pas si ça risque d'arriver un jour, et quand ça arrive, on est content 5 secondes, ... puis on se demande ce qu'on va faire avec la bebelle, avant de la jeter au loin.

    Vous lui avez montré l'existence de limites, ce que peut-être peu ou pas de gens lui ont montré auparavant. Et peut-être qu'à votre exemple, pas maintenant, mais dans six mois, un an, deux ans, elle-même fixera ses propres limites, face à son employeur, et face à elle-même, qui fait comme toute une belle série de "snooze" sur le réveille-matin de sa vie.

    Allez, tenez bon. Pensez aussi à tous ceux qui ne vous demandent rien, mais qui vivent des situations terribles. J'y pense, moi, et m'accroche à ces batailleurs indépendants, à l'oeil sec mais brisé.

    Et puis... la scolarité collégiale est encore gratuite, à ce que je sache ? Ça ne lui coûtera pas si cher de se réinscrire à ce cours de littérature... qu'elle n'a jamais vraiment suivi, par ailleurs.

    Allez : faites de beaux rêves.

    Une collègue qui comprend,
    Chantale

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  14. Herbert de Vaucanson (Clermont-Fd)5 décembre 2006 à 17 h 20

    Je suis tombé sur ce blog en cherchant une chanson de Gérard Manset. J'ai l'impression d'être tombé dans un de ses albums...

    :-) Allez, appaisez votre conscience, la vie de cette étudiante ne sera pas annihilée par votre décision. Vous avez repoussé les limites pour elle mais ces dernières doivent malgré tout être fixées. Et puis quand bien même, tous les pompistes ne vont pas nous emmerder à lire des bouquins au lieu de nous servir l'essence !!! De quoi j'aurai l'air moi en train de faire du vélo au milieu du blizzard avec une pompiste bergmanienne sur le porte bagage en train de disserter sur les malheurs de Céline Dion ?!!!

    Herbert, un collègue professeur qui n'aime pas les étudiants et les pompistes. (D'ailleurs je vais toujours aux distributeurs automatiques pour éviter leurs discours pompeux vibrants d'incompétence)

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  15. C'est un sujet auquel je répondrais bien dans notre nombreuse correspondance, Demetan, mais il y a déjà suffisament de sujets sur la table; c'est pourquoi j'y répondrai ici.

    Renvoyant d'une part à Jean-Marc, le prof fétiche du Collège de Valleyfield, et, d'autre part, aux théories de Nadia (la prof pédagogique) sur l'effort, je te dirai ceci :

    L'attitude de Jean-Marc face aux travaux était la plus sage que je n'aie jamais vue : sa philosophie était (dixit de mémoire) «tant que je puisse le corriger pour la fin de session il n'y a pas de problème» (ce qui fait que j'ai pu remettre un travail en février sur une pièce vue en avril) et que, sa philosophie concernant les examens est, «tant que vous les faites (et que je peux les corriger avant la fin de la session)».

    Jean-Marc est un homme sage. Il sait que, peu importe la date de remise, le véritable apprentissage se fait en faisant le travail (et non pas dans la correction!); il sait aussi qu'en étant très flexible face aux étudiants, il acquiert et leur sympthie, et leur respect. Ce qui fait en sorte que, pour son cours plus que pour aucun autre, les gens s'y rendent et font leurs travaux de bon coeur (des trouvant souvent d'une simplicité enfantine mais qui rejoint vraiment l'essentiel).

    C'est un prof qui était aidant, attentionné, passionné; les heures que j'ai passées dans son bureau à essayer de comprendre comment le thanatos pouvait être un principe de renouveau freudien dans le théâtre élizabéthain et la postmodernité littéraire!


    Bon, cela dit, la vision de Nadia est celle-ci : autant le prof doit-il être conciliant, il doit considérer que ce n'est pas tous ses collègues qui le sont. Elle doit donc être raisonnable, accomodante, mais sans l'être trop. De cette façon, elle n'adaptera pas son horaire à celle de ses étudiants (comme pouvait le faire Jean-Marc mais lui était toujours au Cégep d'une manière ou d'une autre) mais ce sont bien eux qui adapteront leur horaire au sien. De cette façon, elle évite d'avoir à "trop en faire" et à se sentir mal pour ne pas avoir laissé sa chance à l'étudiant.


    Dans les cours de l'un et de l'autre, les étudiants passent pratiquement toujours. Il faut vraiment le vouloir pour couler un cours de Jean-Marc ou de Nadia! Et pourtant, paradoxalement peut-être, ceux qui y vont ce n'est pas toujours pour "un cours facile"; c'est plutôt par sympathie pour l'enseignant car ils savent qu'ils vont les comprendre, être rigoureux, faire leur job comme il faut et leur laisser la chance d'apprendre;

    Je n'ai jamais entendu autant de commentaire positif sur des profs; et ce n'était jamais désobligeant; toujours des commentaires plein d'entrain, enthousiaste, et ceux qui n'ont pas passé leur cours se sentent coupable et comprenne sans pour autant baisser les bras.


    Le problème de Patricia (qui semble très romancé) n'en est pas tant un de conciliation travail-étude que d'être tout simplement conne (!):

    Je connais des tas de gens (quelques-uns en tout cas), qui arrivait très bien à concilier travail et étude (bon, très bien peut-être pas, quand même...)

    Son problème à elle est de ne pas savoir comment le faire; ta job, tout dépendemment de comment tu la vois, serait de l'aider toi-même à s'organiser ou, encore mieux, à l'envoyer faire un API. C'est le mieux que tu puisses faire. Et, parallèlement, tu dois lui permettre d'apprendre; à elle comme à tous les autres.

    Je ne sais pas ce que tu leurs donnes comme travaux mais je sais que très souvent ce que les profs donnaient comme travaux servaient pas nécessairement à grands choses;

    Je me souviens que dans le cours à Jean-Marc 40% des points venaient de questionnaire sur des pièces qu'on devait avoir lues; des questions aussi niaiseuses que : «quel est le crime de Phèdre?» C'était juste question d'avoir lu le texte. Il pouvait pas faire plus. Nadia, elle, disait : appliquez un système critique vu en classe à une oeuvre de littérature étrangère et si vous avez au moins trois éléments sensés c'est 60.

    Enfin bon, je pourrais continuer pendant longtemps comme ça (et je n'ai même pas abordé Jacques (Lecavalier)!)


    L'essentiel, tant qu'à moi, est d'être humain et de pas trop s'en faire par ce que le ministère dit, par les politiques départementales, les avis professorals...

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  16. Ahahah, outch, mon commentaire est comme tellement long :-P.

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  17. Ce commentaire est long mais intéressant. Je devrais peut-être ajouter quelque chose d'intelligent, mais même en puisant dans les tréfonds inextricables de mes neurones je crains d'en être incapable :-(

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  18. Ah si, j'ai trouvé une chose intéressante mais sans aucun rapport avec le sujet : l'image de Bertrand ressemble exactement à la pochette du Best of de Gérard Manset ("Le meilleur de" en Québecois). Etonnant non ?

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  19. D'habitude, je me retiens à quatre mains pour ne pas sauter dans l'arène des bloyes...
    MAIS...

    PU CAPABLE!

    Je suis flabeurcastré devant le torrent de réponses [________s_]...
    Ça y est, je m'auto-censure.
    Chienne de vie...

    C'est fou comme tout le monde prend cette Patricia fictive bien trop au sérieux.

    Tout le monde possède la vérité, ça a l'air...

    Ils devraient tous [le monde] partir des sectes ou devenir rabbins (même Pat Dion : je promets de me laisser bénir ou circonscrir par lui anytime!]

    Inch Bouddha!

    J.R.

    P.-S. Crisse, ça capote même de jusque Clermont-Ferrand!
    (jolie syntaxe, non?)

    Et quelqu'un peut-il faire taire ce basduck, par pitié, au moins jusqu'à ce qu'il ait l'âge d'avoir un permis de conduire?

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  20. Julius, fais-moi surtout signe si t'es prêt à te laisser circoncire anytime !!!

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  21. Herbert de Vaucanson (Auvergnat émigré chez les Berrichons du Berry)6 décembre 2006 à 07 h 02

    Je ne sais pas ce que ça veut dire "ça capote de Clermont-Ferrand" Puisque pour nous, ce sont plutôt les Anglais qui capotent.

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  22. Je comprends très bien que ça puisse être difficile de savoir qui dit vrai, la sincérité est chose qui s'improvise de plus en plus ça l'air.

    Je me demande bien ce qui se passe depuis quelques temps, l'éducation est défaillante au cégep autant qu'au secondaire... est-on obligé de nous emmerder encore et encore avec des cours carrément inutiles pour certains?

    je me rappele d'une session, c'était à s'en tapper sur les cuisses tellement le ridicule frappait! J'avais un cours au cégep à faire pour avoir mon DEC, j'avais 3 autres cours à l'université, question d'être à temps plein et de ne pas perdre une session.

    Me croyez-vous si je vous dis que sur 4 cours, j'en avais 3 qui abordait sensiblement la même chose... j'aurais pu me tromper de cartable que ça n'aurait rien changé, j'aurais pu suivre mon cours quand même.

    Pourtant, c'était tous des cours obligatoires, dans un même programme et non, d'un cours à l'autre je n'ai pas approfondi plus la matière.

    J'en vois tellement décrocher à cause d'un cours de français obligatoire ou trop exigeant pour leur besoin. En s'entends-tu qu'en Lettres mes cours étaient plus poussés, mais pas mal moins exigeants que ceux de ma copine en Sc.Pures... cherchez l'erreur!

    Dormez bien, chacun doit suivre son chemin comme il peut, ça lui a peut-être ouvert les yeux.

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  23. Théophile Gauthier6 décembre 2006 à 12 h 18

    L'endroit le plus utile d'une maison, ce sont les latrines.

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  24. Julius : ça a l'air que c'est plate que tu sois tombé sur un blogue avec un sujet et des gens qui partagent des points de vue; peut-être que tu serais plus à l'aise chez STÉPHANE DOMPIERRE?

    Nadia : Je ne sais pas si t'étais en Études littéraires mais nous une des premières choses qu'on apprend c'est que ce qu'on voit dans un cours on peut l'utiliser dans un autre; c'est à la base même du concept du programme.

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  25. Dan, t'es pas là pour sauver le monde, ne t'en mets pas trop sur les épaules. Tu sais... si elle y tenait tant que ça à ses études et à son avenir, elle changerait de job. Ce n'est pas comme si elle avait grimpé les échelons d'une méga compagnie pendant 25 ans pour en devenir présidente et que tout à coup, on lui demandait de retourner en bas; elle est pompiste. Je ne dénigre pas le travail en soi, je dis seulement que c'est plus facile de changer, surtout pour être mieux accommodée côté horaire.

    Changement de propos, je suis enfin en train de lire "Saga" (Benacquista), que tu m'avais suggéré il y a... cinq ou six ans? Ç'a été long, mais je n'ai jamais oublié.

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  26. Basduck : je veux bien, sauf que 3 fois la même chose je n'appele plus ça "l'utiliser dans un autre cours" mais bien de la redondance plate.

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  27. Nadia : Ahah! Je préfère l'expression "approfondir la matière"; c'est ce que je suis en train de faire avec Durand : je l'utilise dans 2 cours; un pour la théorie (Intro aux études littéraires) un pour la pratique (Corpus d'auteur Victor-Lévy Beaulieu; une étude mythocritique de La nuitte de Malcomm hudd); si je le pouvais je le ferais dans plus...

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  28. Bertrand et Chantale : Fixer des limites, sans doute... Mais est-il si facile de trouver un travail dont les horaires soient compatibles avec TOUS les cours ? Est-il si facile de dire "non" à un employeur sans risquer de perdre son travail ? D'en retrouver un le lendemain ? Le propriétaire de son logement ou son frigo ne lui ont-ils pas déjà fixé des limites ?

    Mais alors, comment fixer "la barre" ?

    Dans votre joli texte, je lis présence, absences, retards... mais ne trouve rien sur la qualité des (quelques) travaux rendus. Même s'ils sentent l'essence (+ x% pour motivation et efforts, en "compensation" des points enlevés pour retards, mdr), sont-ils du niveau requis ? Montrent-ils une progression significative ? Comment se situent-ils par rapport à ceux du même groupe ? A-t-elle les mêmes problèmes dans tous les autres cours ?

    Le plus important pour Patricia, me semble-t-il, est de tirer une expérience positive de cet épisode et de ne pas rester sur un échec : comme le dit Basduck, apprendre à s'organiser, mais aussi réaliser qu'elle a appris des choses (pas qu'au CEGEP) et a évolué durant ces quelques mois, ce qui va lui servir pour la suite...

    Lorsqu'il est arrivé à l'un ou l'autre de mes 4 enfants de redoubler, j'ai toujours dit "qu'est-ce qu'une année dans une vie ? Regardons les choses positives..." et les résultats suivants étaient super. Il n'empêche que maman seule de 2 grands étudiants, je me prends la tête pour qu'ils aient le moins possible à cumuler les heures de travail et les études, même si c'est formateur. J'ai moi-même arrêté mes études pour cause financière... mais je me suis rattrapée avec la formation continue, en me passionnant pour une branche totalement différente de celle que j'avais prévue. Comme quoi...

    Heu... avez-vous déjà acheté de l'essence là où elle travaille ?

    Allez... dormez bien.

    Chantal

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  29. Basduck : probablement que je m'étais perchée sur la mauvaise branche alors ;) Puisque maintenant, malgré que je parle de communication à journée longue, je ne me trouve pas redondante et pourtant...

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  30. ce que je vous écris est simplement une expérience parmi tant d'autres, alors voilà:
    cela m'a pris presque 5 ans pour terminer mon dec: changement de programmes, problèmes de santé, travail de nuit. Je trouvais injuste d'être coulé en français pour des absences ou des retards, mais après avoir repris trois fois le cours de français un et deux, et être devenue un peu plus humble, j'ai complèté mon bac en trois ans, suis présentement à la maîtrise et projette de faire un doctorat à l'étranger. Je remercie maintenenant ceux qui m'ont coulé (et oui!) (et qui m'avaient quand même laissé des chances) car en fait ça m'a ramené les deux pieds sur terre et obligé à me concentrer sur ce que je voulais vraiment. Voilà!
    Roxanne

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  31. Elle devait choisir, pour ma part lorsqu'on va au Cégep à temps plein je considère ça comme étant mon travail. Ma job qui me permet de payer mon appart passe en 2ème. Les études c'est pas gratuit, car lorsqu'on étudie en dehors de sa ville il faut payer l'appartement et tout le tralala qui va avec.

    Et je trouve que c'est pas au professeur de payer pour les problèmes de ses élèves! Oh combien de fois j'ai vu des élèves ''tété'' des notes au prof qu'ils ne méritaient pas alors que moi je me suis forcé pour avoir mon 80%. Oui je vais au Cégep à temps plein et je travail les fin de semaine, mais mes notes je les gagnent et j'en suis d'autant plus fière! Faut arrêter de gâté les enfants pourris par leur parent, non mais qu'ils apprennent à se débrouillé cette gang de mou qu'un rien n'arrête !!!

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  32. Et boy je me rends compte des jours trop tard de tout le bruit autour de cette question. Je suis vraiment pu blog-addict je manque même les engueulades.
    Comme y'a juste toi qui va me lire je peux bien te le dire, me répéter. L'instinct. On le sait ceux qui nous mènent en bateau, on le sait. Je sais que tu le sais. Rendu là, on choisit de se laisser mener ou non. Des fois je suis faible et je me laisse mener. Parce que j'en ai marre d'être David contre la Machine. De pourfendre les plagieurs, les paresseux, les arrogants quand personne ne m'appuie dans l'institution. Tout le monde s'en fout.
    Et à côté de ça j'ai les grands-mères qui meurent, les avortements, les j'en-peux-plus, les je-veux-tout-lâcher, les colocs malades, les accidents.
    Et je reste convaincue que je sais, faire la différence. J'aime mieux personnellement me tromper une fois, et permettre une reprise à quelqu'un qui a fait mourir une fausse grand-mère que d'empêcher une reprise à quelqu'un que je n'aurais pas écouté.
    Et j'ai envie de vomir devant tous les faux billets de médecin que je sais être faux et contre lesquels je peux rien. Donc devant les gens de mauvaise foi qui jouent le système contre moi, je laisse des chances à ceux de bonne foi qui ont l'honnêteté de ne pas mêler de faux médecins à leurs problèmes d'horaires.

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