La Revanche des tronches est habituellement féminine et se prénomme souvent Marie-Denise.
Durant ses études secondaires et collégiales, Marie-Denise a connu un grand malheur : un intérêt pour le français et la littérature allié à un physique ou un visage un peu ingrat. Il en a résulté une frustration longtemps tue qu’aujourd’hui elle laisse éclater au grand jour. D'ailleurs, ses aspirations professorales sont autant motivées par son amour de la littérature que par son désir de vengeance.
Ses cours commencent sous la menace de l’échec et une démonstration de la sévérité impitoyable, principalement envers ceux qui incarnent aujourd’hui ses bourreaux d’hier : les belles et les jars sont les premiers à payer la note, puis viennent les sportifs, les humoristes en herbe, tous ceux pour qui lire est une corvée. Ceux-là mourront sous son sarcasme. Marie-Denise n’est pas en mission divine et ne veut pas se lester de tortues, fussent-elles motivées; elle les a subies toute sa vie, maintenant elle mène la marche! Elle veut prêcher aux convertis voire aux pratiquants purs et durs, et elle l’avoue sans gêne. À ses collègues, elle parlera des autres étudiants – ceux qui n’ont pas des notes de plus de 85% - en utilisant de vocables tels tatas, tartes, pas vites, et les imitera en appuyant sa langue à l’intérieur de sa lèvre inférieure…
Extérieurement, on reconnaît la Revanche des tronches par son rire strident et par l’agencement des couleurs de ses vêtements. Ce dernier peut laisser croire que Marie-Denise est daltonienne ou, au contraire, chromomaniaque : soit ses blouses jurent à la limite du supportable avec ses pantalons en fortrel ou sa jupe d’une coupe démodée, soit chaque morceau de vêtements arbore un ton différent d’une même couleur, couleur que Marie-Denise prendra soin de rappeler avec son ombre à paupière et ses bas collants.
À la fin de la session, Marie-Denise aura hérité de douces épithètes telles que gouine frue, Elsa la louve des participes passés ou Vlad T-épaisse, et elle sera détestée de la grande majorité. Mais bientôt, les survivants de ses cours en parleront avec un mélange de crainte et de fierté, comme les vieux parlent des horreurs de la guerre auxquelles ils ont survécu.
Et les deux tronches qui l’auront adorée deviendront, à leur tour, professeurs de littérature au cégep...
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Voilà un court tour d'horizon de ce monde dans lequel j'évolue. J'ose espérer que maintenant, vous ne doutez plus de la nécessité de nos deux mois de vacances...
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