mardi 13 avril 2010

Michel Chartrand 1916-2010

Après Falardeau, Chartrand. 2010 est dure avec nous. En cette époque du patron roi, du tout pour soi et des paradis fiscaux réservés aux nantis, malgré ses nombreux travers, sa grande gueule me manquera. Beaucoup.



Merci à Anne Archet pour la citation et la photo.


«Mets un paquet de piasses dans une forêt et ça ne mènera pas la pitoune au bord du chemin. Mets un paquet de piasses dans une mine et ça ne te donnera pas de cuivre. Ce ne sont pas les propriétaires d’entreprises qui coupent les arbres, qui creusent les mines, ce sont les travailleurs. Si ce n’était pas de leurs bras et de leur sueur, on n’aurait rien! Pourtant, on continue à les traiter comme des chiens. On les fait travailler comme des damnés, puis on les renvoie quand on n’en a plus besoin. L’autre jour, à la Fondation pour l’aide aux travailleurs et travailleuses accidentés, on a examiné le cas d’un mineur qui travaille comme un forcené depuis une dizaine d’années. Les maladies qu’il a maintenant, je gage que ça dépend de lui? S’il a mal aux bras, c’est parce qu’il s’est crossé de travers, je suppose? Pis s’il a mal aux poumons, c’est parce qu’il s’est endormi après avoir baisé et qu’il n’a pas pris le temps de se couvrir? C’est écœurant les maladies industrielles, c‘est écœurant! Moi, je suis scandalisé! Je suis humilié de voir que, dans mon pays, il y a encore des gens qui se font massacrer pour ensuite être mis au chômage. C’est une totale aberration! On gueule contre les assistés sociaux, mais qu’est-ce qu’on doit penser des compagnies qui se font financer à coups de millions par le gouvernement? Ce sont eux, les assistés sociaux!»

(Entrevue accordée au Voir en avril 1991.)


Et si au moins il nous avait légué, collectivement, une seule de ses couilles...


5 commentaires:

  1. Quelle belle citation! Il nous manquera... Et je ne vois que Falardeau qui aurait pu lui rendre un hommage à ses funérailles avec le même genre de langage coloré. Ceux qui restent sont trop polis.

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  2. 13 avril 2010... L’abat d’un combat contre les bas renégats ! ... Indésirable montée d’envahissants pincements. Autre déchirement. Maelstrom, les mots bûcheront durement à s’en extraire : À 8h30 ce matin, de Radio Canada, une triste nouvelle interrompt ma matinale sérénité : À 93 ans, FUT hier FINALLEMENT ABATTU le plus humaniste que syndicaliste MICHEL CHARTRAND (1916-), côtoyé maintes fois, lui qui fut le capital rouage original à mon chambardement d’orientation en photographie formaliste et publicitaire ; ce dur à cuire est la cause d’un changement de cap et de regard dans l’exercice de mon métier... : «Eh ! Toi qui viens d’un monde pauvre, pourquoi tu travailles pour les riches ?» ... Chaque fois que nous nous rencontrions, moi bardé de caméras, il s’écriait : «Eh ! Salut mon arbre de Noël !» ... Un jour, autour de 5h du matin, il m’avait demandé que je l’amène avec moi pour venir appuyer la ligne de piquetage d’une légitime grève illégale légitime des préposés aux bénéficiaires de l’Hôpital Notre-Dame. Rendu sur place, à peine quelques minutes après son harangue d’encouragement et de solidarité à se tenir fermement debout que le voilà encerclé par une piétaille de policiers qui l’arrêteront pour sédition, le menotteront avant de le conduire au poste (photos)... MICHEL et SIMONE MONET, à leur manière, étaient en mon âme et conscience des Simone de BeauVoir et Jean-Paul Sartre ... Un cancer aux reins décidera d’éteindre à tout jamais l’inoubliable, l’inarrêtable Michel, une des dernières immenses lueurs illuminant d’espoir les humiliés... Les bébêtes sans coeur de la droite, sans nulle doute, festoieront, célébreront en avilissants ébats goujats la chute, le départ forcé d’un irréductible défenseur de milliards de fhoemmes déshérités par une poignée d’ingrats gras rats scélérats... Déjà dans les médias des baby-boomers, maîtres en récupération, se targuent d’avoir été aux côtés de Michel lors de ses multiples croisades pour le droit au respect de la dignité humaine dont ils ont grassement profité. ... Recueillement... Mon deuil est rapidement baigné d’une onirique divagation interrogatoire : Qui demain ira aux barricades libérer de leur peur, de leur torpeur les sans-voix, ce, sans récupérer son action à des fins de pouvoirs politiques, sans cet appétit vorace de pouvoir sur les autres que le preux Michel honnissait, exécrait ? ... Tout comme pour Pauline Julien, il y aura probablement une ‘Cérémonie des adieux’ à laquelle je risque de participer à distance pour, hormis de modestes travailleurs de la base, ses vrais alliés, ne pas avoir à palabrer mondainement avec, je m’y attends, un cortège d’une foule de gens connus que j’ai photographiés lors de manifestations revendicatives ? J’ai déjà indiquer que rares sont les êtres que, à leur décès, j’honorerais de ma présence. Michel est une exception qui, naturellement, enfreindra la règle...pge
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  3. Je ne sais pas trop quoi penser du gars. Il m'était sympathique, de loin.

    Accent Grave

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