vendredi 20 juin 2008

Impolitesse en comun

Mercredi, journée découverte père-fille. ce jour-là, le thème était «Transports en commun» et le projet était de faire un tour d’autobus et de métro sans autre but que de se promener.

Bien sûr, ma fille est super excitée à l’idée de monter dans un de ces gros autobus qu’elle voit passer tous les jours. À l’arrêt du bus, elle parle à tout le monde et à toutes les questions qu’on lui pose, elle répond invariablement «Romane» ou «2 ans».

Quand l’autobus arrive, je la prends dans les bras et monte. Le bus est plein et il ne reste aucune place pour s’asseoir. Je me dis qu’une bonne âme saura me céder sa place, j’ai une enfant de deux ans dans les bras…

Erreur.

Pas une foutue personne ne se lève. Tous regardent dehors, font semblant d’être dans la lune ou de lire, etc. (En passant, dans le métro ou dans l’autobus, ça paraît quand quelqu’un fait semblant de lire pour éviter un contact visuel…) J’agrippe un poteau, je fais des blagues avec Romi, je ronge mon frein et j’étudie cette masse impolie.

Il y a quelque chose comme 40 places assises. Sur ces 40 personnes, combien de jeunes de moins de 25 ans (la génération impolie, c’est bien connu)? Une seule.

Sur ces 40 personnes, combien d’hommes (ceux qui ne connaissent plus la galanterie)? Quatre (c’est peu, mais c’était cela).

Sur ces personnes, combien de vieilles (et là, je suis généreux, j’inclus toutes les personnes de plus de 60 ans, même si 60 c’est encore suffisamment jeune pour se tenir debout dans un autobus) qui risquent leur hanche juste à marcher sur le trottoir? 20, tout au plus.

Alors on fait le calcul ensemble : 40-1-4-20=??
15.

15 femmes âgées de 25 à 60 ans, des femmes qui ont probablement déjà été enceintes et qui ont eu des enfants, des femmes qui ont sûrement déjà reproché à autrui leur impolitesse. Et pas une TA… qui se lève pour laisser s’asseoir un parent qui a une fille de deux ans dans les bras!!!! Bra-vo…

La première qui me parle du manque de galanterie de l'Homo contemporinus, qui reste aussi inexcusable, je la gifle.

Je me souviens d’une fois dans le métro, alors que Dame V. était enceinte jusqu’aux oreilles (elle devait en être à sa 78e semaine de grossesse) : personne ne lui a cédé sa place!!! Quand, deux arrêts plus loin, une place s’est libérée, une femme d’environ 40 ans s’est littéralement glissée sous Dame V. pour lui subtiliser le banc sur lequel elle s’apprêtait à poser les fesses. Pour ajouter à l’impolitesse, la dame a ouvert son livre et a fait la sourde oreille quand Dame V. lui a fait remarquer qu’elle était enceinte. C’est un homme plus âgé assis à côté qui lui a offert sa place…

Est-ce juste à Montréal que cela arrive?

13 commentaires:

  1. T'as rien compris. Les filles voulaient juste voir les fesses de cet attendrissant papa. Faut toujours tout t'expliquer.

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  2. Il te faut changer de ligne. Je te l'aurais cédé ma place moi, même à 37 ans et en jupe!!

    Sans blague je suis pas écolo, je fais dans le toute-seule-voiturage et, je dois admettre que les moins courtoises en voiture sont souvent des femmes! Hors donc, parce que je n'aime pas coller aux étiquettes toutes faites, dans le bus et en voiture, j'aime faire un mec de moi-même!

    Mais Patrick n'a peut-être pas tord.

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  3. Bonjour, je ne suis pas du tout surprise de lire votre billet. Étant paralysée cérébrale depuis ma naissance, je pourrais écrire un livre là-dessus. Un jour, j'ai même dû cédée ma place à un aveugle parce que tout le monde le bousculait... bref, les rares fois que quelqu'un m'offre une place, c'est souvent une personnes âgée de 70 + ans !!! et dans ce cas, je refuse. Ce qui me fait le plus rager, c'est de me faire regarder me débattre pour ne pas tomber !!!

    Grr

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  4. Daniel, je vous rassure, ici à Paris, c'est aussi la nouvelle norme… Les rares fois où je prends le bus, j'ai l'habitude de me lever pour laisser la place à plus démoli(e) que moi…!
    Mais en même temps, tu as une mouflette sympa, vous vous marrez, tu es en bonne santé et souriant, c'est pas la bonne attitude…!
    Faut faire la gueule…!
    Amiicalement

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  5. Même chose à Paris...
    question d'éducation.. et d'attention aux autres...
    les rares fois où je me suis pas levée.. c'était quand je n'étais pas certaine que la femme soit bien enceinte... m'est déjà arrivé de vexer... !!
    :d)

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  6. Même chose en Afrique du Sud, mais pire. Ici, si tu es une femme enceinte dans le train, tu es la première cible des picpockets : tu ne cours pas.
    La galanterie est inexistante, son concept inconceptualisé et sa présence... non-présente.
    Je vous considère chanceux d'avoir des bus :P
    Qui était assis à la place réservée aux handicaps?

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  7. Le civisme n'existe plus, je crois. Dans le métro, la semaine dernière, j'ai vu un «gros tas» se planter devant les portes et carrément barrer le chemin à une dame qui se déplaçait difficilement à l'aide d'une canne. Il lui a jeté un regard indifférent et elle a dû le contourner pour sortir du wagon... Les portes ont failli se refermer sur elle!

    Ce que tu me racontes de ta balade avec ta fille, ainsi que celle où Dame V. était enceinte ne m'étonne absolument pas.

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  8. Pareil ici à l'autre bout de la 20. Dans le transport en commun,on regarde ailleurs, on ne cède pas la place à moins d'une menace, et en plus on a le culot de puer du d'sour de bras !

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  9. Bienvenue dans le club ! En tant qu'habituée aux transports ( de rage ? ) en commun, je dois dire que votre agréable expérience n'a rien d'inhabituel. Tous les jours je vois des gens âgés debout, des femmes enceintes debout, et personne ne cède sa place.

    Je vois des hommes assis, journal déployé et prennant toute la place, des gens qui font semblant de ne rien voir ( et peut-être est-ce le cas. Qui fait attention à qui aujourd'hui? ), sans parler de ceux qui bousculent et ne s'excusent surtout pas.

    Et dans les autobus, ceux qui me donnent envie de leur arracher la tête, sont les zumins assis sur le premier banc de deux places, l'autre étant libre, et qui restent de marbre lorsque quelqu'un veut s'asseoir, comme s'ils étaient seuls au monde, dans un autobus archi-plein de gens debout. Écoeurée des transports en commun ? Pas à peu près !

    Heureusement votre petite fille est à l'âge béni où tout est amusant, moins pour le papa...

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  10. En temps que membre du club No Children, je dois vous rappeler que le monde ne tourne pas autour de votre capacité à vous reproduire. La paternité est votre choix, pas le nôtre. Nous payons tous notre billet le même prix et nous n'avons pas à être désavantagés comme non-parents dans une société qui élève la famille au rang de valeur suprême.
    -Lady Guy

    P.S.: Pas pire comme provoc, hein? Mais je pense que bien des gens pensent comme ça en se sentant fiers en plus.

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  11. J'adore tes montée de lait dans ta montée de bus!

    Je me suis toujours dis que si ça m'arrivait, je trouverais le regard de la personne assise la plus jeune et je lui demanderais carrément son siège poliment en lui expliquant ma condition. Je parlerais aussi assez fort pour que les autres entendent. Et là, vraiment, si je me voyais refusé un siège, là, je gueulerais pour que les gens se sentent mal (et me prennent pour une folle hystérique). Mais bon, j'ai souvent réfléchi à la question et entre le dire et le faire c'est une autre histoire!

    Ça reste à l'état de fanstasme pour le moment...

    Je fais le pari qu'en le demandant même si ça fait suer de quémander, les gens le laisseraient.

    Aussi, je suggère à la stcum de faire un message vocal pour le rappeler.

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  12. Oui, ça fait suer. Tellement! Voilà que vos mots, cher Daniel, font monter en moi une gamme d'émotions refoulées. Tiens, je vais écrire sur le sujet, question de ventiler un peu.

    Encore une fois, merci....

    :-)

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  13. Cette nouvelle "politesse" n'existe pas que dans les bus ou les métros, il existe aussi sur les routes, dans la file d'attente au magasin, sur le trottoir, etc...

    L'autre jour, un petit homme d'environ 12 ans m'a ouvert la porte à la banque (je ne crois pas être encore si vieille, mais pour lui, je dois faire partie de l'ère préhistorique j'imagine). J'en ai été tellement surprise, que j'ai pris un court moment pour savourer cet instant en me disant que tout n'était pas perdu. Et c'est là qu'un gros tas d'au moins 300 lbs nous a bousculé tous les deux pour pouvoir arriver au guichet le premier...

    Je rencontre ce même 300 lbs avec sa tendre moitié (ne pas se leurrer, 600 lbs au total) lors de ma petite promenade quotidienne avec mon petit chien de 10 lbs. Comme je ne suis pas rancunière et que je suis bonne joueuse, je les ai salué. Aucune réponse, bien entendu...

    Quelques coins de rue plus loin, la police à vélo m'arrête On me dit que 2 personnes se sont plaint que je me promenais avec mon chien sans laisse... C'était les seules que j'avais rencontré et croyez moi, je n'ai pas pu les manquer. Faut croire qu'on devrait enfermer nos 110 lbs à mon chien et à moi, nous leur avons fait peur... ;/

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