jeudi 24 avril 2008

Prix littéraire des collégiens 2008 - seconde partie : Le Sainte-Angèle

Au «last call» au bar de l’hôtel, On s’est regardé tous les trois : il était hors de question que notre seule soirée ensemble s’évapore à une heure moins quart… Dany et moi, nous nous sommes tournés vers Isabelle, la seule d’entre nous susceptible de connaître suffisamment Québec pour nous éviter les attrappe-Ontariens.

Quelques minutes plus tard, on pénétrait dans un petit pub sans grande enseigne : le désormais mythique Sainte-Angèle! Notre arrivée doubla le nombre de clients dispersés autour des 4 tables de la place. Au centre, un bar en bois brut, élimé par de nombreux coudes. Le barman au sourire joyeux a cette oreille avenante éreintée aux peines d’amour, aux remodelages du monde et aux poésies douteuses. Il participait à la discussion, heureux d’être content, et à toutes les trois minutes, il disparaissait sous son bar sous notre regard intrigué. J’ai dû me lever pour m’apercevoir qu’il ne faisait que se pencher pour laver ses verres dans un évier pratiquement déposé sur le sol. Le premier plongeur de ce pub devait être Hobbit… Le genre de détails qui nous fait aimer la vie.

Comme Isabelle fraternisait depuis son entrée avec des inconnus bédéistes, Dany et moi en avons profité pour remplir nos phylactères de bière, de biberons et de pépines. Durant les silences, je scrutais les bouteilles du bar. Sur la tablette du haut, plusieurs bouteilles de scotch. Au centre d’elles, un Macallan. Dans mon cœur, la joie d’avoir trouvé un chez-moi à Québec.

Vers 2h45, deux demoiselles se sont assises au bar près de nous. Pas charmantes, pas moches, rien. Deux filles ordinaires, un brin pompettes et trop pomponnées, qui aimeraient bien rentrer avec un barman, et qui, en notre qualité de non-barman et de nobody, nous ignoraient royalement Dany et moi. Des filles comme il y en a partout, quoi.

Soudainement, l’une d’elles s’est retournée et a demandé au barman :
- Si je te montre un sein, tu m'offres un cognac?
On est resté bouche bée. Le barman, usé à ce genre d’inattendus, a simplement ri.
Et voilà la luronne de s’étirer le décolleté pour laisser respirer sa liberté d’expression, comme quoi la vie, même à 2h45 du matin, est pleine de rebondissements. Trois secondes plus tard, l’ordre des choses est rétabli et la douce retourne à sa bière. Pour Dany, qui devait commencer à voir double à ce moment, le spectacle était complet. Mais pas pour le barman.
- On peut voir les deux?
On ne peut lui en vouloir d’avoir tenté sa chance, mais Janet Jackson avait fini son spectacle et nous a sympathiquement refait dos, sans cognac. Sorré, the show is oveur, no rappel. Le lendemain, au salon de l’ivre, on en riait encore.

L’an prochain, pour sûr, on retournera boire au Sainte-Angèle, ne serait-ce que pour joyeusement se rappeler que cette année, on a bu à l'ombre du sein d'Angèle.

8 commentaires:

  1. C'est encore plus beau vu de même.
    Mais je persiste, au cas où tu ne trouverais pas ma réplique sur mon blogue, c'est le Sainte-Angèle !

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  2. Je n'y étais pas, mais je confirme : un bar de quatre tables dans le Vieux-Québec? il ne peut s'agir que du Sainte-Angèle.

    - Un gars de Québec

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  3. Mon taux d'alcoolémie était à ce point élevé? Diantre...
    Alors, c'était au sein d'Angèle?
    Je corrige donc.

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  4. Faut croire qu'y pas juste la vie qui rebondissait.

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  5. Il y a toujours des surprises au Sainte-Angèle, c'est pour ça qu'on l'aime d'amour et qu'une fois adopté, on y revient toujours.

    Sara-qui-se-trouve-loin-tout-d'un-coup.


    (p.s.: sur le fil rss c'est toujours écrit Sainte-Thérèse, mais je vois que la correction est déjà faite)

    (p.s.2: C'était Louis?)

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  6. Cet amusant moment me permet de mieux vous cerner à mon tour cher confrère blogguiste ;-)

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  7. Bloguiste avec un seul G hein!?
    Détail... Illettrée que je suis!

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