La recette est simple : dans un endroit public, n’importe lequel, au centre-ville de Montréal ou dans le village le plus reculé, peignez un grand mur blanc, puis allez patienter en prenant un verre ou trois dans un débit à votre goût.
Fort à parier que le mur se remplira de graffitis en moins de deux. Et quel sera la teneur de ces graffitis? Oui madame : un tas de mots grossiers que ma mère m’a défendu d’écrire ici, et des dessins aussi explicites que mal foutus.
Pourquoi les gens qui ont des messages d’amour et de tolérance ne les écrivent pas sur ces murs blancs? Je ne le sais pas. Parce qu’ils sont timides? Parce que c’est dans la nature même des bonnes gens de ne pas être «louds», de ne pas avoir besoin de crier leur tolérance et leur amertume? Parce que l’amour, ça se vit? Ceci dit, il y en a tout de même qui feront des signes de «peace» ici et là, un soleil dans le coin, ou un autre truc gentil que tous trouvent un peu cul-cul mais qui fait du bien.
Eh bien, c’est ça, la commission Bouchard-Taylor : un mur blanc offert aux graffiteurs.
Il serait bien que les caméras des journalistes qui couvrent ce non-événement focussent sur les petits dessins de fleurs dans les coins. Je suis peut-être naïf, mais je crois qu’ils représentent pas mal plus l’opinion de la majorité des gens que les croix gammées et autres gribouillis à la bombe aérosol dessinés par des gens qui en ignorent le sens.
Quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse d'avoir la rage, dit le proverbe. C'est ce que font les petits racistes de partout en ce moment. C'est aussi ce que font les médias avec le Québec dit profond.
Et c'est triste.
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