lundi 16 juillet 2007

Petit Moment de dépit

Sa camisole deux tailles trop petite et dix centimètres trop courte révélait le haut de son string et lui boudinait le tronc comme si la grosse femme s’était habillée avec une de ces pellicules plastiques avec lesquelles on recouvre la nourriture. La pansue soufflait sa vaine course; le chauffeur de l’autobus avait quitté l’arrêt en feignant de ne pas la voir arriver en courant de son pas lourd.
La dame regarda sa montre. 20h41. Pourquoi, mais pourquoi avait-elle pris le temps de dire au revoir à son chat avant de partir? Elle était maintenant certaine qu’elle arriverait trop tard. L’occasion ne se représentera pas avant des semaines, peut-être des mois, voire des années. Elle dut faire un effort pour ne pas pleurer de dépit, et elle se dit, sans totalement se convaincre, qu’il y en aura d’autres, des meilleures.
N’empêche que c’était le dernier jour d’une hyper-méga vente chez Jean Peupu. Et le papier-cul extra moelleux n’était vraiment pas cher.

2 commentaires:

  1. Tiens! Scène de la vie quotidienne à Verdun, rue Wellington.

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  2. Pour reprendre les mots de pierre lapointe :
    "Et on pleure, oui on pleure la destinée de l'homme"

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