vendredi 20 avril 2007

Gravité

Ce n'était rien, rien que mes mains qui enflaient au point de la démesure sans grande gravité. Mais le reste du corps se mit en tête de les imiter. D'abord lentement, puis de plus en plus rapidement. Je grossissais à une vitesse folle, je devenais un géant, soufflé par je ne sais quel hélium. J'ai rapidement mesuré 2, puis 8, puis 15 étages. Le roi Kong pouvait retourner dans sa jungle. Je prenais les gens entre mon pouce et mon index et avec un peu de malice, j’aurais pu les écraser. Je les observais plutôt, intrigué et un peu inquiet, car je ne cessais d'enfler, de me développer, de forcir. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je pouvais prendre des buildings entiers entre mes mains. Puis je suis devenu gauche, tout devenait trop petit, mes doigts trop gros. Tout m’échappait, je ne savais plus rien retenir sans le casser. Les seules pulsations de mon cœur écrasaient ce que je tenais pourtant délicatement entre les paumes de mes doigts, tout faisait crounch telles de minuscules coquilles de colimaçons. Et je passais mon temps à m’excuser. Désolé... Pardon... La Terre, trop petite pour soutenir tout mon poids, lâcha prise, s'éloigna. Je continuais à gonfler rapidement. À ce rythme, j'aurais bientôt une atmosphère, des satellites, une lune à moi. Je quittais un monde où plus rien n'avait d'importance et j'allais bientôt avoir ma propre gravité. Une gravité immense, qui rend lourd tout ce qui me côtoie.
Rien à faire, le monde m'aura toujours peser lourd.

2 commentaires: