Le plus grand drame du pseudo-Français est de ne pas être né en France. Il adore la Frânce! Mieux : il vénère Pâris! Nation du savoir et de l’intellectualisme, seule et unique source du théâtre, de la littérature… D’ailleurs, la littérature qui n’en sort pas n’est pas de
Le pseudo-Français ne lit que des livres qui ont gagné des prix et recevra invariablement, lors de l’échange de cadeaux de Noël, le livre récipiendaire du prix Goncourt. Ce soir-là, si le vin est bon, on l’entendra dire tabarnak avec le même regard joyeux qu’ont les enfants qui s’oublient à un plaisir défendu. Au retour des vacances, il sera redevenu lui-même et il rentrera au département en maugréant tout haut contre la neige, le froid ou dieu sait quoi, parce que pour lui, un Français, ça rouspète.
Le théâtre québécois subit le même sort que sa littérature; rien de bon ne peut émerger de ce côté-ci de l'océan, sauf si les créateurs s’appellent Robert Lepage ou Wajdi Mouawad.
Le pseudo-Français se nomme Gaétan Hébert ou Marie-Thérèse Toupin, mais cultive un accent impossible dont même les Français ne peuvent donner l’origine. Il vous dira que c’est parce qu’il a un jour enseigné en Europe, ce qu’une rapide recherche confirmera : en 1991, il y a travaillé trois mois… Depuis, il ne soupe plus mais dîne, il ne dit pas fin de semaine mais weekend, il ne magasine plus mais fait du shopping… car rien n’est plus français que de l’anglais avec un accent.
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