jeudi 18 mai 2006
Les Gens denses
Depuis que Bernard a délaissé flotteurs jaunes aux bras, bouée au dos et autres canards à la taille, il tente de faire l’étoile, de flotter sans efforts à la surface des eaux. Sans succès. Il coule immanquablement, doucement, pieds premiers, le laissant après quelques secondes le cou cassé par en arrière à la recherche d’un peu d’air, alors que d’autres ondoient sans problèmes pendant des heures comme des otaries soufflées d’hélium. Après vingt ans d'essais, force lui est d’admettre que son père avait raison, qu’il y a des corps plus denses que les autres, qu’il y a des gens qui devront toujours nager, battre des membres, se débattre pour rester à la surface, ne pas sombrer.
Publié par
Daniel Rondeau
à
13:07
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
5 commentaires: