jeudi 18 mai 2006

Les Gens denses

Depuis que Bernard a délaissé flotteurs jaunes aux bras, bouée au dos et autres canards à la taille, il tente de faire l’étoile, de flotter sans efforts à la surface des eaux. Sans succès. Il coule immanquablement, doucement, pieds premiers, le laissant après quelques secondes le cou cassé par en arrière à la recherche d’un peu d’air, alors que d’autres ondoient sans problèmes pendant des heures comme des otaries soufflées d’hélium. Après vingt ans d'essais, force lui est d’admettre que son père avait raison, qu’il y a des corps plus denses que les autres, qu’il y a des gens qui devront toujours nager, battre des membres, se débattre pour rester à la surface, ne pas sombrer.

5 commentaires:

  1. Oui mais à l'instar des nageuses synchronisées, y en a une maudite gang qui sourit à la surface mais qui pédale comme des fous en-dessous de l'eau !

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  2. Faut pas s'fier aux apparences, céçavoulèdir !

    Ok, zip...

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  3. Ouais je dois vraiment être une Sauterelle très légère au ras des choses, car je suis de celles qui flottent des heures sur l'eau, même en haute mer (c'est pas des blagues)... Je dois manquer de consistance, de densité (haha la bonne blague, oui!) Je dois flotter les yeux fermés, peut-être?

    On sent dans l'écriture l'influence du jeune père ici, non? Les bouées au dos et autres canards, c'est dans quelques mois quand même, Daniel! Tu penses pas à la jeter dans (avec) l'eau du bain tout de suite là?? ;)

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  4. Je suis comme ça aussi : cale comme une roche, coule à pic. Ça m,arrive même métaphoriquement parlant quelques fois...

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  5. Nous dansons sur l'Ile de notre Coeur:) C'est une danse d'amour:*

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