lundi 10 octobre 2005

Poursuite

Au coin de la rue, une jolie femme dans la jeune quarantaine court sur place en attendant que le feu change au vert. Il pleut, il fait froid, et les roues des voitures éclaboussent son pantalon moulant assorti aux chaussures sport dernier cri. La femme piétine le béton pour garder le souffle et pour perdre sa légère culotte de cheval. Elle profite du moment pour prendre son pouls sur dix secondes. Un doigt sur la jugulaire, un poignet devant les yeux. Gauche droite gauche. Top chrono. Un-deux-trois-quatre… Stop. Fois six… Papapapa… 162. Légère panique: trop bas! Pourtant elle souffre, pourtant elle est rouge, elle sue, elle halète. Dans l’autre direction, une main lumineuse clignote. La femme pourra bientôt poursuivre sa course. Elle ajuste le son du baladeur à sa taille, question de moins ressentir la douleur. L'homme derrière elle ne lui dira pas qu’elle ne devrait pas se torturer de la sorte, que lui il aime bien ça les fesses un peu potelées, les hanches un peu fortes. Aveu impossible devant la vérité des revues de mode. Puis réapparaissent le petit bonhomme blanc, le feu vert, la course pour retrouver son rythme et la taille de ses vingt ans.

6 commentaires:

  1. :o) ----> Malheureusement tous les smileys du monde ne peuvent pas fournir les nuances des sourires. Mais je miserai sur le fait que tu peux deviner celui-là.
    ...
    T'es un homme bien Daniel Rondeau, sache-le si t'en étais pas déjà convaincu.
    ...
    Ceci dit elle courait peut-être pas du tout pour ses fesses, mais disons que ça change rien à l'aveu impossible mais entendu.
    ...
    En fait je reprends, t'es un homme sain d'esprit Daniel Rondeau, sache-le si t'en étais pas déjà convaincu. Et c'est une maudite bonne affaire, parce qu'on est trop nombreux(ses!) à ne plus savoir ce que ça veut dire.

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  2. Tu es un homme bien, c'est sûr, mais si tu mets les femmes de 40 ans à 162 bpm pour un gentil jogging, c'est pas à la diète que tu les emmènes, c'est au défibrilateur.

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  3. Vieux cochon qui mate le cul des filles dans la rue....

    (Et y'en a pour trouver ça sain.. hé ben...)

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  4. Content de voir que je suis bien et sain... Et je demeure convaincu que mon personnage courait pour ses fesses. Il n'y a que les hommes pour courir pour les artères.
    Philo -> C'est de la course à pied, pas de la PowerBall!:P
    Bertrand -> Comme disait Brel: tout est dans la manière!

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  5. Hey, Bert, recommence pas la chicane, c'est très sain de regarder les fesses des filles - je souligne au passage que le personnage ne lui pogne pas les fesses au coin de la rue!. Moi les jours où mes amis hétéros ne regardent plus les fesses des filles... ils sont plus mes amis. (Et ça n'a rien à voir avec le fait qu'ils seraient mes amis pour me regarder les fesses, ne détournez pas mon propos.)
    -
    Ceci dit oui, des femmes courent pour les artères, et des gars pour leur look. J'en connais. Veux-tu que je te les présente? Ah non, tu les connais toi aussi ;o).
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    Ceci dit qu'est-ce qui fait Papapapapapa (son coeur, son pas...), t'es papapapapa un peu en train de devenir fou? ;o)

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  6. Je les connais? Meuuuuhhh... C'est mal les comprendre: ils boivent de la bière aussi, pour leurs artères de surcroît! Ils parlent hockey, pour leur pression sanguine. Ils parlent filles, pour leur... hum... bon ok, ça c'est pour leurs fesses.

    Papapapa, c'est le bruit que fait le calcul mental quand il passe par la bouche.

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