lundi 31 octobre 2005

Mémoire fragmentée

(Thème de la semaine dernière du Coïtus Impromptus)

Philippe est assis par terre, contre le mur de sa chambre. Près de lui, une pluie de souvenirs jonchent le sol; des photos d’elle, des photos d’eux, des souvenirs en gouttes salées, une enveloppe remplie de mots trop durs pour être prononcés, et d’autres missives jamais envoyées, lettres mortes qui ne se rendront pas au destinataire, du moins pas en mains propres. Philippe repose par terre. Enfin. Sur le mur derrière sa tête fane une énorme fleur rouge, et dans sa main s’attiédit un pistolet lourd comme un soupir, cruel outil à creuser des trous de mémoire, des trous par où les souvenirs coulent lentement vers l’oubli. À cause de la gravité.

3 commentaires:

  1. la gravité sa rattrappe toujours.
    Quoi qu'on y fasse.
    Même si on tente de placer le ciel en bas.

    merci
    F.
    http://spaces.msn.com/members/syrenya/

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  2. Étrange que l'amour creuse si loin.

    Beau texte.

    (et sur un plan strictement personnel, je m'attriste qu'il m'émeuve trop peu)

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