lundi 13 décembre 2004

Quand le coeur fait boum...

Il s’appelait Toto, mais depuis toujours, tous l’appelaient TNT. Ses parents, ses amis, toutes celles qui ont partagé un tant soit peu sa vie l’appelaient comme cela. TNT. Il explosait pour un rien. Mèche courte, étincelle facile. Comme s’il protégeait une plaie. Un loup blessé. Tous pouvaient s’appuyer sur lui pourtant, mais il n’était pas reposant pour autant.

Il vivait comme dans la chanson de Neil Young «Na, na, hey, hey...»; il préférait exploser que tranquillement trépasser. Et quand le feu à l’intérieur de lui le faisait trop souffrir, il allait l’éteindre à grands coups de vodka au bar du coin. Certains soirs, les coups de vodka cédaient le pas aux coups de gueule, puis aux coups de poings. Avec le temps, ces soirs lui ont valu des cicatrices enviables et un nez un peu croche.

Toujours est-il que depuis quelque temps, TNT n’explose presque plus. Parfois pour le souvenir, sorte de nostalgie blessante. Mais il le regrette aussitôt. Il continue à boire de la vodka comme un pompier qui arrose une vieille grange abandonnée un soir d’été trop calme question de ne pas perdre la main. On est jamais trop prudent. Car cette fois-ci, TNT s’est bien promis de ne pas crever la fragile bulle sur laquelle il flotte depuis un moment.

6 commentaires:

  1. Si le pompier arrose sa grange à la Vodka, sûr qu'il ne perdra pas la main, ou alors bien cramée.
    pHiLo

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  2. C'est particulier, ça me rappelle mon grand-père, qui à 77 ans, sur son lit de mort, intubé et sous oxygène 24h par jour, incapable de se lever seul de son lit, il n'a jamais cessé de s'en couler, à chaque jour, quelques unes derrière le pyjama, pas 24 comme il avait l'habitude plus jeune mais quand même...

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  3. De l'extérieur tout semble beau à l'intérieur. Mais vivre à l'intérieur, ça nous arrache des pleurs. Pas certain qu'une bulle soit la bonne solution, loin d’être une conclusion, non comparable à une évolution. Vivre sur quelque chose est toujours plus dangereux que de vivre pour quelque chose.

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  4. J'ai pas de lecon a donner a personne mais c'est "hey hey , my my" de Neil lejeune.

    Je suis fini, mais ma culture me récupere...

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