mardi 2 novembre 2004

La Chair à canon d'antan

Hier soir, en enlevant sa chemise, Ernest se regarda dans le miroir. Sur son biceps droit, un tatouage, reliquat d’une guerre d’un autre monde; une femme avec des seins impossibles à cheval sur un canon. Le genre de truc qu’on regrette sitôt la première goutte d’encre injectée. Pour bien voir le tatou aux contours maintenant flous, Ernest dut étirer la peau avec sa main gauche. Il était difficile de tendre également la peau flasque, et la belle d'antan ressemblait à un phénomène de foire hors focus. Dès qu’il la relâcha, la femme se recroquevilla honteusement dans les mous replis. Ernest était devenu trop petit pour sa peau. Son regard s'emplit de buée.

Ernest soupira puis éteignit la lumière.

3 commentaires:

  1. Sur les biceps, hein ? J'ai eu une autre image...
    (Ceci dit, c'est fort, très punché.)

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  2. Faut pas avoir peur des mots Jeff, moissi j'ai pensé au ptit col roulé. Mais, Ernest, tu parles d'un foutu nom !

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